SCENE II
LORD I-'INGAR, StR EDOUARD, OUNCAN, Officiers ce
DlFFÉIiENIS COUPS, ANGLAIS ET IRLANDAIS.
LORD FiNGAR. A mciveillc ! c'est ainsi que j'aime les réconciliations, le verre à la main. [A deux olJiclers ) J'espère, Messieurs, que tout est oublié. {Los deux officiers se donnent une poignée de main.) A la bonne licure! deux olUeicrs de mon régiment se battre en l'honneur d'une coquette qui les trahit peut-être puui- un troisième! {Uas, à Edouard.) j'en sais quelque chose. {Haut.) Mes amis, pour conserver la mémoire de ce joyeux souper, jurons ici de ne jamais terminer autrement nos querelles d'amour. Se fâcher pour une infidélité! c'est absurde;' c'est vouloir passer sa vie l'éiiéc ii la main; aussi, j'ai pris le parti d'en rire; et je vous défie ici, par le vin de Champagne que j'ai bu, d'altérer en rien ma philosophie ou mi joyeuse humeur, dnssiez-vous, si vous le pouvez, m'enlever toutes mes maîtresses.
DUNCAN ET LES AUTRES. Accepté.
LORD FINGAR, vivcmont. A charge de revanche.
DENCAN. C'est juste.
LORD FINGAR. 11 n'y a que .sir Edouard qui n'est pas du traité; il a déjà peur.
EDOUARD. Moi! au contraiie, je n'y trouve que trop d'avintage; car n'ayant aucune belle qui s'intéresse à moi, je ne crains pas qu'on me l'enlève.
LORD FINGAR. Vraiment! pauvre gari;on! je vous demande pardon de vous avoir accusé. Oui, je vous soupçonnais d'être amoureux; car vous n'êtes pas à la hauteur de nos principes. J'ai remarqué qu'à table vous étiez toujouis eu arrière de trois ou quatre verres de Champagne.
EDOUARD. C'est possible. Vous, colonel, vous êtes toujours en avant.
LORD FINGAR. Un colonel, c'est de droit ; mais savez-vous que vous n'êtes plus rcconnaissable, depuis votre retour de France? Ici même, dans votre patrie, il semble que vous regrettiez ce pays-là.
ÉDOUAED. Ahi c'est qu'il me rappelle des souvenirs...
COUPLETS
PREMIER COUPLET
Le beau pays de France
Est un séjour favorisé des cieux;
Lui seul produit en abondance
Joyeux refrains et vins délicieu.ï.
Il plait au coeur, il platt aux yeux,
Le beau pays de France.
DEUXIÈME COUPLET
Au beau pays de France Mille beautés ont droit de nous charmer;
Que de grâces! que d'élégance !
Le jilaisir seul y sait tout animer.
C'est en riant qu'on sait aimer Au beau pays de France.
TROISIÈME COUPLET
Charmant pays de France, Tu [liais au brave, au galant troubadour;
L'un aux combats pour toi s'éla :ii', L'antre pour loi redit les chants d'amour. Pourrai-je encor te voir un jour.
Charmant pays de France.