‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 329 sur 809 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LORD FINGAR, MALVINA, en robe de velours noir et couverte d'un voile.

MALViNA. Je pensais bien, Milord, que ce soir je recevrais votre visite.

LOBD FINGAR. Vous devez, ma belle cousine, vous douter de mon impatience. Eh quoi! même le jour de mon bonheur ne quitlerez-vous pas ces habits de deuil'?

MALVINA. Demain, Milord, je vous le promets.

LOUD FINGAR, Souriant. Au moins, consentez à lever ce voile que vous vous obstinez à toujours garder.

MALVINA. Milord...

LORD FINGAR. Jo sais qu'il vous rappelle les vœux que vous vouliez prononcer; mais comme heureusement vous avez renoncé à dî parcilk's idées, je demande en grâce qu'aujourd'hui, pour moi seul...

MALVINA, levant son voile. Vous le voulez?

LORD FINGAR. Combien vous êtes bonne! {La regardant .) Mon admiration vous paiera de votre complaisance; ne rougissez pas, un pareil langage est permis à un amant, à un époux, car dans quelques heures vous allez m'appartenir.

DUO

LORD FINGAR.

A minuit l'hymen nous engage, A minuit vous serez a moi.

MALVINA

A minuit l'hymen qui m'engage Vous donne et ma main et ma loi.

LORD FINGAR.

Aucun regret, aucun nuage Ne troublera ce doux lien?

MALVINA

Mais, Milord, pourquoi ce langage?

LORD FINGAR.

On m'avait dit... je n'en crois rien.

On m'avait dit qu'un autre hommage Vous fut adressé.

MALVINA

J'en conviens.

De mon cœur il n'était pas digne; J'ai (lu l'oublier à jamais.

LORD FINGAR.

Ah! pour moi quel bonheur insigne!

A jamais !

MALVINA

A jamais!

Tels sont les serments que j'ai faits.

ENSEMBLE

MALVINA, à part.

Toi dont l'inconstance Causa ma souffrance.

De ma souvenance Il faut te bannir.

Mon cœur te |)ardonue; Mais Ihonneur m'ordonne De fuir à jamais L'ingrat que j'aimais.

LORD FINGAR.

0 douce espérance !

Heureuse inconstance!

Tout semble d'avance Combler mes désirs.

0 toi, dont l'audace Eu vain me menace, Je puis désormais Braver tes projets.

LORD FINGAR.

Une grâce, une seule encore.

MALVINA

De moi qu'exigez-vous?

LORD FINGAR.

Pardon, De ce rival qui vous adore Ne puis-je connaître le nom?

MALVINA, troublée.

Son nom?..

De mon cœur et de ma pensée Quand j'ai juré de l'exiler.

Faut-il par vous être forcée, Hélas! â me le rappeler?

LORD FINGAR.

Non, non, je n'en veux plus parler.

MALVINA, à part.

Toi, dont l'inconstance Causa ma souffrance, Je dois te bannir De mon souvenir.

Mon cœur te pardonne, ctc , etc., etc.

LORD FINGAR.

0 douce espérance !

De son inconstance, L'heureux souvenir Saura me servir.

0 toi, dont l'audace En vain me menace.

Je puis désormais Braver tes projets.

ENSEMBLE

LORD FINGAR.

C'est là minuit Qu'amour m'appelle; C'est à minuit Qu'on nous unit.

Moment charmant!

Voici l'instant.

L'amour, la nuit.

Tout me souril.

MALVINA

Mon cœur frémit.

Peine cruelle !

C'est .1 minuit Qu'on nous unit.

Ah! quel tourment!

Voici l'instant; Et de dépit Mon cœur gémit.

LORD FINGAR, o part. Je crois, d'après cet entretien, qu'il reste peu d'espoir au bel inconnu , et je lui défie bien maintenant d'oser rien entrejirendre. {On entend en dehors nn prélude de harpe.)

MALVINA. D'où viennent ces accents qui pénètrent jusqu'ici ?

STROi'NN, entrant. Ce sont les ménestrels que Milord a fait demander pour ce soir, et qu'on a eu assez de peine à trouver. Tom et Cuddy, les deux plus anciens, ont quitté le pays, et CariU n'a pu avoir que ces deuxlà qui leur ont succédé, et qui peut-être ne sont pas bien forts. Ils demandent si Milady désirerait les entendre.

MALVINA. Volontiers.

lOrd FINGAR , vivement, à Strounn. Fais-les entrer. {A part.) Allons, allons, c'est un bon signe: sa mélancolie ne demande pas mieux que de s'égayer.

LES DEUX NUITS

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