LÉOC.\DIE, PHILIPPE, SANCHETTE
SANCHETTE. Cet excellent oncle! pourvu qu'il ne perde pas de temps à causer, comme il le fait toujours !
PHILIPPE. C'est pour cela que je n'ai pas voulu, devant lui, vous répéter les uouselles qu'on m'a apprises au château, parce qu'il aurait fait la-dessus des commentaires à n'en plus finir.
LEOCAniE. Qu'est-ce donc?
PHILIPPE. En sortant de l'appartement de don Carlos, j'ai vu, dans Je château, des gens de pied et des é<|nipagos qui arrivaient, et puis un bruit, un tapage... Il se prépare quelque cérémonie ; et l'on dit que don Carlos, mon colonel, va se marier.
LEOCAniE. Lui, se marier !.. vous croyez!
PHILIPPE Eh bien! qu'as-tu donc?
LEOCAniE. Moi ! rien. En etîet, celle nouvelle ne doit pas étonner.
PHILIPPE. Sans doute ; il y a longtemps que cela devrait être fait. Un jeune seigneur qui est son maître, qui a uue fortune superbe, et qui en outre est le plus joli garçon du pays, ce qui ne g.\te rien...
LEOCADiE, à Philippe. El comment £is-tu appris?..
PHILIPPE. C'est mon capitaine que j'ai trouve là, et qui me l'a dit en confidence.
SANCHETTE. Votre caiiilaine? don Fernand d'.^lveyro?
PHILIPPE. Oui, l'ami de mon colonel, jadis son compagnon d'études et de folies, et inaintenantsonfrèred'armes.
LÉocADiE, d'un air de confiance. Oh! si c'est deluique tu tiens cette nouvelle, il n'y a encore rien de certain.
SANCHETTE. Saus doutc ; est-ce qu'il sait jamais ce qu'il fait ou ce qu'il dit! un élourdi, un mauvais sujet, dont le colonel a déjà deux ou trois fois payé les dettes.
PHILIPPE. Eh bien ! Monseigneur a bien fait, parce que c'est un brave jeune homme que nous aimons tous au régiment, et qui, malgré son élourderie, est dévoué au colonel.
SANCHETTE. Oui, dévoué, dévoué; il verra, à la On de l'année, les mémoires de dévouement.
FERNAND, <în dehoTS. Allez, dépéchez-vous, et ne perdez pas de temps.
s.tNCHETiE. C'est lui, je l'entends; ce que c'est que d'en parler 1