SCENE Vil
DON C.\RLOS, adroite du spectateur, absorbé daiistti réflexions; FERN.VND, deux Pays.ins, pîiij GRESPO.
FEBNAND, aux paysant. C'est bicu, mes amlB; atlenJcimoi un inslant. {AïKrceiantdon Carlot.) EU bien! Carlos, qu'est-ce que tu l'aij donc l.i? on te demande de tous les cùlùs. {A Crespo gui entre.) .Seigneur Crespo, je fiiis à vous ; j'ai il vous parler. {Aux paysans.) Ti'nei, Toilà pouf boire à. ma sanlé, {À Cnn d'eux.) cl d« pins, je te pro^ mets de te servir le jour de tes noces.
CRESPO. A qui en avei-vous donc?
FtnxAND. C'est un de ces viUagcoiii qui m'a servi de valet de chambre, el qui m'a aidé à changer d'habit, car j'étais dans un état...
CKEspo. D'oii sorici-vous donc?
FEHNAND. Parbleu! de la rivière j aU momcnl où j'ai vu tumljcr ce pauvre petit garçon, je me suis jeté après lui, et je l'ai ramené en un instant.
CHEsPo. 11 y a donc eu un accident?
FEBNAND. Eli oui ! \'oU5 DO Savez donc rien, tous magistrat chargé de veiller à la sûreté publicjuct Et mafulUre, Cette chère Amélie, a eu une iieur!.. Mais pas le raoimlre danger; mon jeune page se porte mieux qu'avaut, et moi aussi; je suis même charmé d'avoir été l'aire aux nymphes du Tage ma visite de noce. (.1 Carlos.) Ah çà ! mon ami, partons-nous'? Tout est prêt pour la céiémonie, et l'on nous attend.
DON CABLOS, d'un air disirait. Y penses-tu'? il n'est pas encore temps : c'est ce soir à sept heures.
FEBNAND. Oui, tu l'avais commandéainsi; mais j'ai donné contrc-ordi'c. Mon ami, je n'aurais jamais pu attendre jusque-là, c'était impossible. {L'enlrainant.) .\insi, viens vite. Eli mais! ipi'as-tu donc? tu es pâle, agité; te voilà comme ta sœur était tout à l'iieure, au moment de mon expédition navale.
DON CABLOS. Moi ! mon ami, non, tu t'abuses.
FEBNAND. Si Vraiment, tu as quelque chose, Carlos ; mon aini, mon fière, est-il quelque chagrin, quelque danger ijui te menace'' faut-il y courir? l'aul-il douncr mes jours pour toi? réponds, de grâce. {Voyant (ju'il se tait.) Hein! ce c'est pas assez!., faut-il [dus encore?., faut-il retarder mou mariage jusqu'à demain?., parle, je suis capable de tout...
DON CABLOS, faisant uneffort sur /iii-Hicmo. Non, mon ami, non : je n'exige rien! Sortons ilici; uUous trouver ma soeur : j'ai besoin d'être auprès de vous, j'ai besoin de voir des gens heureux.
FERXAND. Eh bien! alors tu peux me regarder; je ne cache lias mon bonheur, j'en parle à tout lemonde. {L'emmenant.) Viens, partons.
CRESPO, le retenant. Eh bien! . seigneur Fernand, qu'aviez-vous donc à me dire? moi qui vous attends.
FEBNAND. C'est, ma foi, vrai; je l'oubliais. (.1 Carlos, qui est sorti par la porte du fond) Mon ami, va toujours, je te rejoins dans l'instant. (.1 Crespo.) Vous étesvous occupé du bal et du souper?
CRESPO. Oui, sans doute, dans la grande salle du château...
FERNAND. C'est bicD ; mais ce n'est jdusça : il y a aussi un contre-ordre. Après la cérémonie, nous nous rendons tous à la ville; mais auparavant je veux donner ici, aux jeunes tilles du village, la dot que je leur ai iiromise : les en avez-vous prévenues?
CRESPO. Oui, sans doute. De plus, nous aurons ici, sur la pelouse, les tables et la danse cliami>étre; et si vous vouliez voir le programme d'aujoui'd'bui ..
FEBNAND, sans l'écouter. Demain, demain. Du reste, je m'en rapporte à vous. Adieu, mon ami, je vais me marier. {Il sort en courant.)