‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 364 sur 809 · SCENE Vlll · texte numérisé non relu

SCENE Vlll

CRESPO, puis PHILIPPE.

CHESPO, le regardant sortir. Quelle tète! quelle tète. Il est bien heureux d'être capitaine, car s'il avait fallu qu'il fût alcade... Eh! c'est Phdippc; comme il a l'air soucieux!

PHILIPPE, àpart, d'vn air rêveur. Pauvre l^iicadie!.. en revoyant son enfant, la joie, l'émotion... j'ai cru qu'elle allait s'évanouir; et pendant qu'on s'empressait de lui porter des secours, je me suis liàtë de. dérober à tous leî yeux... {Montrant le médaillon et la chaîne r/u'i/ tient à ta main.) C'est vous, seigneur Crespo.

CBESPO. Oui, mon cher Philippe ; Monseigneur vous a fait part, sans doute, de mes nouvelles intentions...

PHILIPPE, d'un air triste, et lui donnant la main. Oui, je vous remercie, Crespo.

CBESPO, regardant la cfiaine que tient Philippe. .\h! ah! vous avez reiiris à Sanchctte la chaîne d'or ipie le seigneur Feniand lui avait donnée ce matin. V ous avez bien fait, ce n'était («s convenable.

PHILIPPE. Quelle chaîne d'or?

CRESPO. Celle que vous tenez à la main.

PHILIPPE Non, celle-ci n'appartient point au seign.-ur Fernand.

CRESPO. C'est singulier, on dirait qu'elles ont été faites en même temps, car elles se ressemblent ccactemenl.

PHILIPPE. Hein! que dites-vous? {La regardant.) Il me semble en effet... Quel é'onnant rapport!.. Dites-moi, Crespo, vous qui avez été souvent dans les châteaux voisins, et qui connaissez mieux que moi tous les bibilanl; des environs, auriez-vons quelque idée de cette figure-là, et de la personne à qui ce portrait pourrait appirteiiir?

CRESPO. Vous l'avez donc trouvé?

PHILIPPE. Oui, iirécisément.

CRESPO. Attendez, attendez. [Regardant.) Eh! pa;b!eii! qu'est-ce que je disais tout à l'heure? cet étonrji-là n'en fait jamais d'autres! {Lui rendant le portrait.) C'est au seigneur Fernand.

PHILIPPE. Que dites-vous là?

CBESPO. C'est le portrait de sa future, Je la comtesse Amélie.

PHILIPPE, tremblant de colère. Vous en êtes bien sùi?

CBESPO. Parbleu ! je viensde lavoir encore il n'y a qii'ni.e demi-heure. C'est moi qui, à la tête du villag.-, lui ai débité la harangue de rigueur. Et vous pouvez aisément vous convaincre par vous-même; le poiti'ait est tort rcs.^cmblant...

PHILIPPE. Ce portrait! Fernand!

CRESPO, en riant. Eh!., sans Joute; il y a longtemps

LÉOGADIli.

Sans doute mes forces mfî Iraliirent... — Acte 2, scène 3.

qu'ils s'aimaient, et la comtesse lui avait donné ce [lorlrait liicn .ivaiit que leur uniuu liM décidée.

l'iiiLiPPE, Eu eirel, il liousa dit ce matin que la comtesse lui avait douné sou ijoitrait il y a quatre ans. {Avec /«reiir.) Quatri; uns!., c'est cela... j'y suis enfui.

CBESPO. Eh bien! qu'uvez-vous donc? vous voilà comme un furiLU\!

PHILIPPE, sans l'écouter. Que je suis heureux ! il est temps encore! Oui, c'est ce soir, le colonel me l'a dit, ce soir à sept heures, que leur union doit avoir lieu. Je cours trouver don Carlos, Amélie elle-même; ils jugeront entre uous. .\près tout, ma sœur est noble, et d'une naissance égale à la sienne. Allons, calmons ma colère. N'allons pas tout comprumeltre par uu éclat ; rien n'est désespéré, tant que Fernand peut épouser ma sœur.

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