‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 378 sur 809 · AGATHE, DELAROCHE · texte numérisé non relu

AGATHE, DELAROCHE

{Delaroche est à droite à soti bureau, et feuillette un registre. Aijathe est assise à gauche et travaille à une broderie )

INTRODUCTION

DUO

DELAROCHE, ai'ec désespoir, et regardant le registre.

Oui, c'en est fait, plus d'espOr.iuce !

Mon malheur n'est que trop certain.

{Montrant Agathe.) A ses yeux cachons ma souCfrance ; Pour moi seul gardons mon chiigrin.

AG.^THE, chantant en travaillant.

Jeune Tyrolienne, On l'attL'nd dans la plaine Pour conduire la chaîne Que ta voix guidera.

Ah! ah! ah! ah! ah!

A tes sons en cadence.

Va s'animer la danse ;

Par ta seule présence

Le plaisir reviendra.

Ah! ah! ah! ah! ah!

DELAROCHE, de l'autre côté.

Et je me trouve la victime De ceux même que j'obligeais.

{Frappant du poing sur le registre.)

Ils m'ont ciitrainé dansl'abime!

AGATHE, levant la tête à ce bruit.

Mon père !..

{Le regardant.)

Eh! mais, dans tous vos traits Quel trouble!..

DELAROCHE, Cherchant à se remettre.

Moi! je travaillais, (.ri part, la regardant.] Ma pauvre fille! ah! quel dommage!

Et moi qui rêvais son bonheur!

Ne lui laisser pour héritage Que la honte et le déshonneur!

ACATHE, qui s'est levée et s'est approchée de lui. Qu'avez-vous'?

DELAROCHE

Je n'ai rien; va, reprends ton ouvrage Et ta chanson... tes chants me donnent du courage.

ENSEMRLE.

{Tout en chantant, Agathe regarde toujours son père avec inquiétude.) AG.^IHE. Jeune Tyrolienne, On l'attend dans la plaine, etc.

DELAROCHE, à part.

Oui, c'en est fait, plus d'espérance !

Mon malheur, etc.

AGATHE. Vous avez beau dire, vous souffrez, vous êtes

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LA MliDECINK vSANS iMÉDEOIN.

malailo ; oh ! vous mi l'avez avoué hier, et d'aiHcurs je lo vois liieii! Si vous cousoiiUcz à voir uu méJccin... un seul, mon papa.

DELAnOCHE. A quoi 1)00?

AGATHE. Ecoutez Joue, un méJeciu! si ça ne fait pas de l)ien, ça ne peut pas faire de mal.

DELAuocHE. Ah! tu crois ?

AGATHE. Dans Paris on peut choisir,., il y ca a tant!.

DELAROCBE, soufiaiit. Il y en a trop.

AGATHE. Et voyons... pour avoir votre conQance... s'il ^tait vieux?

DELABOCHE. Oui, un ami de la routine, un entêté qui aimerait mieux laisser partir son malade que de le sauver par des moyens a la mode !

AGATHE. Vous avez raison ; ce n'est pas ce qu'il vous faut: mais un jeuue docteur?

DELAROCHE. Encore... quelque étourdi qui se jette à corps perdu sur lespasd'uu maître dont ilgiltela doctrine en l'exagérant; un ennemi de tout ce qui est vieux, fûtce le bien ! un romantique en médecine!

AGATHE. Eh bien ! non ; mais on pourrait... en cherchant un p.ni... Tenez, celui dont je vous parlais hier soir... M. Darmentiéres!

DELAROCBE. M. Darmeutléres ! par exemple! celui-là moins que tous les autres.

AGATHE, Mais, mon papa,..

DELAROCBE. Non... je ue veuj pas le voir, je ne leverrai pas... ne m'en parle jamais. Allons, mon enfant, rassure-toi... ne pleure pas. . . je suis mieux que tu ne penses... il faut que je passe à ma caisse... adieu, ., je suis trèsbien... adieu. (// sort par la droite. J

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