‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 399 sur 809 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les PRÉCÉDENTS, CAMILLE.

CAMILLE. Eh bien! qu'jcst-ce que vous faites donc, mes amis? voilà une visite qui nous arrive; j'ai aperçu par la fenêtre un vieux monsieur, en noir, et qui ne va pas vite.

SCIPION. C'est M. Franval, notre cher professeur;

quand on l'invite pour cinq heures, il arrive toujours à quatre.

AUGUSTE. Est-ce qu'il vient dîner?

SCIPION. Sans doute, n'était-ce pas convenu? Je suis passé chez notre étudiant en droit, et nous aurons un convive de plus.

CAMILLE. Un de plus?

SCIPION. Oui, il ne m'avait pas dit qu'ils étaient deux collaborateurs; quelquefois même on est trois pour un vaudeville.

CAMILLE. Ah ! mon Dieu ! comment allons-nous faire?

SCIPION. Qu'est-ce qu'ils ont donc?

AUGUSTE. Le tableau de cinq cents francs, notre unique espoir, a été vendu soixante francs.

SCIPION. Il serait vrai! eh bien ! mes amis, il ne faut pas se désoler; soixante francs, nous sommes six, àdix francs par tête, il y a de quoi faire un joli dîner.

AUGUSTE. Oui, si nous les avions ; mais ils sont encore à venir, le terme n'est pas payé ; de sorte que M. Ducros peut tout faire saisir, tout, jusqu'au dîner.

SCIPION. Dieu! quel affront pour nos convives, mon professeur surtout; je le connais, c'est un entêté, il est venu pour dîner, et il ne s'en ira pas qu'il n'ait eu satisfaction. Va, Camille, fais comme tu voudras, mais tâche de nous avoir un dîner impromptu, et à crédit.

CAMILLE. Dame, je vais tâcher, i'ai déjà les douze francs de ce matin.

SCIPION. C'est ma foi vrai ! voilà déjà le premier service ; dépêche-toi, et puis tantôt, quand tu reviendras, Victor a quelque chose à le dire de ma part.

CAMILLE. A moi?

AUGUSTE. Oui, oui, Victor a aussi à te parler de la mienne.

CAMILLE, les regardant d'un air étonné. Ah çà! à qui en ont-ils tous les trois?

SCIPION. Va-t'en donc, et par le petit escalier; j'entends nstre professeur. {Camille sort par la porte à gauche.)

SCIPION ,*par/anJ à Auguste et à VKtor. Dites donc, je vais le faire parler médecine, parce que cela nous fera gagner du temps.

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