‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 509 sur 809 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ESTHER, puis'lK MARQUISE.

ESTHER. Je ne veux plus qu'elle pense à ce procès... pas plus qu'à ce mariage... l'un est aussi inutile que l'autre... la voilà encore triste et rêveuse!..

LA MARQUISE, à part. Comment ce mystère a-t-il pu être pénétré?enliii, ilestconnu delui, de bien d'autres peut-être... il n'y a plus à hésiter.

ESTHER. Vous souffrez toujours?

LA MARQUISE. Oui.. . d'aboril, il y a des émotions qu'on a peine à maîtriser! des positions auxquelles il faut renoncer... non sans peine, non sans effroi, et puis, à force de les envisager, on s'y fait, on s'y habitue, et quand une fois on a pris son parti... on s'étonne de n'avoir pas eu plus tôt ce courage.

ESTHER. Quoi ! il serait vrai... ce procès, vous y renoncez? ah! vous avez bien raison.

LA MARQUISE., Noo, moii cnfaut... car ce n'est pas pour moi, c'est pour toi (|ue je l'ai entrepris.

ESTHER. Pour moi que vous vous donnez tant de peine! que vous compromettez votre santé!., n'en faites rien, je vous supplie... car je ne sais coaiment vous expli(iuer... comment vous dire... mais j'ai un aveu à vous faire...

LA MARQUISE. Toi aussi!.. , V

ESTHER. Vous désirez gagner ce procès pour me doter, pour me marier, pour me rendre heureuse?

LA MARQUISE. Saus coutrcdit...

ESTHER. Eh bien ! s'il devait arriver tout le contraire?

i.A MARQUISE. Comment cela?

ESTHEii. Si le choix que vous avez fait... je ne sais comment me faire comprendre.

JAPHET

PLUMCAKE. Cheveux blonds, très-blonds. — Acte 2, soène 7.

LA MARQUISE. Tu 110 coiiiiais pas le marquis de Schi'cssliury, tu lie l'as jamais vu.

KSTHER. C'est vrai!., mais il n'est pas le seul au monde, il y eu a iraiilrcs que lui...

LA MARQUISE. Qu'est-cc à dire?

ESTHER. Voilà que VOUS vous fâchez...

LA MARQUISE. De tou uiauque de confiance.

ESTHER. Je n'osais pas... vous aimez les marquis, et celui-là ne l'est pas.

LA MARQUISE. Qu'iiiiporte ! , . si le choix est convenable... s'il a une belle fortune...

ESTHER. 11 n'en a pas du tout... voilà pourquoi je ne trouvais pas ntiiccssaire d'en avoir...

LA MARQUISE. Au Contraire... raison de plus... mais rassure-toi, mon enfant, il se peut qu'un jour tu en aies une considérable...

ESTHER. Que je pourrai lui offrir?

i.A MARQUISE. Uu iuslaiit... pourvu qu'il ait du talent, (lu UR^rite, une honnèle famille... un nom Imnorable.

ESTHER. Il a tout cela, j'en suis sûre.

LA MARQUISE. Eii blcu ! jc vais lui (icriie... ou [ilutijt

c'cris-kii toi-même, en mon nom, que je suis prête a agrticr sa recherche... mais que je demande à le voir, à le connaître...

ESTHEa. Il n'en est pas besoin... vous le connaissez... vous l'estimez... vous le voyez presque tous lesjours...

LA MARQUISE. Qui douc? dchève.

ESTHER. Je ne puis, car voici du monde qui vous arrive.

UNDOMESTiQUE,annû;ifanÉ.MonsieurTimothéeDixon.

LA MARQUISE. 0 ciel ! laissc-uous !

ESTHER. Oui, matante, je vous laisse {À demi-voix.) avec un de ses amis!

LA MARQUISE. QuC dis-tU ?

EsiHER, s'enfwiaiit. Adieu ! {Âpart.) Je vais écrire à M Japliet, au nom de ma tante. {Elle sort.

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