‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 528 sur 809 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les précédents; AMANDA, ANNETTE, TOINETTE,

accourant.

AMANDA. La voici, la voici. La victoire est à nous...

{.■ipercevant Prt.s/oi(r''/.)C'est vous, monsieur Pastonrel.

Vous ne pouviez revenir plus à prop'os, pour jouir de !a défaite d'un riv.il.

josÉi'HiNK Car, pendant votre absence, nous défendions vos intérêts.

PASTOUREL. 0 amitié des femmes! ô sentiment pur et désintéressé !

TOINETTE, qui tient le papier. Voici qui doit confondre le traître.

ANNETTE. C'cstunc lettre de sa main.

JOSÉPHINE. Donnez, donn'z; enfin nous triomphons, et voici de quoi le perdre aux yeux d'Augeliiia. [lille regarde l'écriture de latettre.) Ah ! mon liieii ! ce n'est pas son écriture. Qu'est-ce que cela veut dire? C'est celle de M. Paslourel

PASTOuREi Quoi ! ce serait une réponse à madame Durfort?

JOSÉPHINE. Précisément.

PASTOUREL. C'est luoi qui viens de l'écrire.

TouTRS. 11 se pourrait ! c'est vous!"

ANNETTE. Est-il bou enfant!

PAsrouuEL. Eh! oui. iiarce qu'il soupçonnait quelque ruse, il se méfiait de vous; car nous avons affaire à un malin; et moi, je lui ai servi de secrétaire; que voulez-vous? j'ignorais ses projets; et puis, l'insouciaiice d'un artiste.

ANNETTE. QucI dommage! tout est fini.

Joséphine. Eh biA î voyons. Mesdemoiselles, ne perdons pas courage : que contient ce billet? (Elle lit l'adresse.) « A madame Durfort. {Lisant le conknu « de ta lettre.) Belle dame , la lettre que j'ai reçue « vient-i'lle de vous? j'en doute encore, je le croirai « si, ce soir au bal, je vous vois porter le bouquet de « bluets ci-joint. »

AMANDA, montrant le bouquet. Le voici.

PASTOUREL. C'est hicu ça ; c'est moi qui l'ai écrit sous sa dictée; et le i-lus terrible, c'est que madame Durfort, que je connais très-bien, est réellement au bal avec son mari; je viens de la voir.

TOINETTE. Alors, Voilà la ruse découverte.

AJiANDA. Au contraire; si nous pouvions, par adresse, faire accepter ce bouquet à madame Durfort.

JOSEPHINE. Nous serions sauvées, parce qu'alors M. Beijambe se croirait aimé.

p.isTOUREL. Et qu'alors, il s'ensuivrait, au milieu du bal, des déclaration-;, explications et révolutions à ne plus s'y reconnaître.

AMANDA. Surtout si uous sommes là pour tout embrouiller.

TOINETTE. Oui. Maîs Comment engager une dame à la mode à porter ce bouquet de bluets? des fleurs des champs.

ANNETTE. Attendez, Mesdemoiselles; si ce n'est que cela, je m'en charge; et j'espère en venir à bout.

PASTOUREL. 11 se pourrait!.. Teniz, tenez, regardez M. et madame Durfort qui viennent de ce côté I

ANNETTE. Éloignons-iious, et ne craignez rien.

PASTOUREL. A merveille; je vais me concerter avec vous pour tout réparer. {Us sortent.)

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