SCÈNE XII
GUSTAVE, WILHE.M, ALFRED, Officiers.
AiH du vaudeville des Gascons.
CHCEDR.
Nous trouvons dans chaque maison Asile Commode et tranquille :
Gaité, bon vin, jeune tendron; C'est charmant d'être en garnison !
ALFREO, à Williem.
Enfin nous voilà tous céans Fort bien logés, grAce à ton zèle.
WILHEM
Je crains qu'on n' m'ait pendant ce temps Délogé du cœur de ma belle.
CHCEUR.
Nous trouvons, etc.
WILHEM, rt Gustave. Eh bien !.. qu'y a-t-il de nouveau?
GUSTAVE. Certainement on m'a accueilli d'une manière... je ne puis pas dire que ce soit une faveur... mais si j'avais eu plus de temps...
' ALFRED. Ah! il y a la demi-heure.
WILHEM. J'ai gagné ; j'en étais sûr, ouf! Je savais bien que ce ne serait pas un jour comme celui-ci qu'elle aur.iit voulu me trahir.
ALFRED. Pourquoi?
WILHEM. La veille de notre mariage et le jour de sa fête. Ce serait un beau bouquet qu'elle m'aurait donné là. Mui qui au contraire...
GUST.iVE, àpart. Quelle idée! si c'était... {Haut.) Ah ! tu crois. Je t'avoue que d'abord mon intention était de te ménager; je voulais même te laisser ignorer...
WILHEM. Comment ça? est-ce qu'il y aurait quelque chose? .
GUSTAVE. Tu avais raison, elle est charmante !
WILHEM. Qu'est-ce que ça veut donc dire?
GUSTAVE. Et je viens de passer le plus joli quart d'heure! oh! je t'assure que je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer!
WILHEM. C'est bon, c'est bon tout ça; mais la preuve.
GUSTAVE. Je suis trop discret pour t'en donner; mais t'en faut-il d'autres que le sacrifice qu'elle m'a fait d'un certain présent?
WILHEM. Hem...
GUSTAVE. On lui avait bien recommandé de n'en parler à personne !
WILHEM. Ah! mon Dieu!
GUSTAVE. Ah! si c'est toi qui lui as fait ce cadeau, je suis obligé de rendre justice à ton goût. Il est impo>sible de rien voir de plus élégant, les plus jolies jarretières...
WILHEM. Aie, c'est fait de moi.
GUSTAVE. Le ruban rose, l'agrafe d'or, ton chifire et le sien. Eh! oui, c'est cela : Henriette et Wilhem !
WILHEM, vivement. Vous les avez donc regardées de bien près?
GUSTAVE. Apparemment.
LA JARRETIÈRE DE LA JLXRIÉF
wiLHEM. C'est (lui, je suis mort ; mais je vous le demanrle, qu'esl-ce qui s'y serait attendu?
ALFRED, vivement. ComniLiit ! ce ser.iit vrai? est-elle jeune, jolie? c'est rliaruianl! iiue tu es heureux!
r.usTAVE. Moins que tu ne crois, je t'assure.
ALFREii. Fais donc le modeste, je l'avoue que je ne te croyais pas uo si grand talent.
GUSTAVF.
Air du vaudeville de la Robe et les Bottes.
Crois-moi, la forUiiie liilile N'a pas toujours suivi mes pas;
[Regardant le balcon.) Et j'ai trouvé plus d'une l)i;llc Qui ui'a traité du haut en bas.
Du sort dépeud la réussite; Combien de gens de toute part...
Qui tomberaient par leur mérite, Et qui s'éléveut ]iar hasard!
wiuiEM. Est-ce bien possible?
Air : Le briquet frappe la pierr^.
J'ai beau faire, plus j'y pense.
Plus j'ai peine à concevoir Lamalic' d'un trait si noir!
Payer par la ma constance !
ALFRED
Que de gens paient ainsi '
WILHEM
A propos d' ça, c'«st fini, y m'en vas cliercher le pari.
«USTAVE.
Non pas, je te remercie.
Cet argent n'est jias gagné :
El tout n'est pas terminé,
VMLIIEM.
N'allez pas plus loin, j' vous prie, Car j'en ai des à présent BicH assez pour mon argent!
{On entend la trompette.)
TOUS. Ah ! diable ! c'est la par.ide, la parade. (Ils sortenliousendesordre.Onentendtme musique militaire.)