‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 547 sur 809 · WILHEM, HENRIETTE · texte numérisé non relu

WILHEM, HENRIETTE

wn,HEM.,Dieu me pardonne, la voilà! j' crois que j'en ai pâli...

HENRIETTE, regardant autour d'elle.

AiB du vaudeville A'Elle et Lui. ■ Est-Il enfin temps que je sorle7 Ils sont partis .. je puis te voir; Ton absence avec elle emporte Et mon boidicur et mon espoir.

C'est le sentiment nue j'éprouve ; Mon cœur suit tes pas malgré moi, Et jamais je ne le retrouve Qu'en me trouvant auprès de toi.

wiLHEM, à parf. Hein! quelle mine perfide!

HENRIETTE. Qu'as-lu (liinc? comnie In me regardes!

wiLiiEM. Avez-vous reçu ce matin un présent que je vous ai fait?

11E.NR1ETTE. Oui, saus doulc, et je t'en remercie : c'est charmant.

wiLiiEM. Eh bien! où est-il? je veux savoir où il est.

HENRIETTE, baissant les if.nw. Mais, mou ami, pourquoi me deniandcs-tu eel i?

wiLiiEM. N'y a-t-ll iinr vous qui l'ayez vu?

HEiSBiETTË. Oh! mon Uicu, oui, car à peine l'ai-je eu reçu, que je l'ai mis sur-le-champ; tu me l'avais recommando.

■NviiHE.M. Là, c'est le dernier coup.

HKNRiF.rTE. Eh bicu ! qu'csl-c; que ça vent dire?

AViLnivM. Ça vent dire quo je vous abanilonni', (pn; je ne vous aime plus, et que .s'il n'y a que umi (pii vous épouse, vous n'aurez pas sitôt de mari.

HF.NRiETTE. Commcut! ji; n'aurai pas de mari; qu'est-ce (|ue ci sionifie? explii|uez-vous, là, tout de suite, sur-le-champ [Pleurant.) Je n'aurai pis de mari! apprenez qu'un ne plaisanie pas comme cela.

WILIIEM. Voilà qu'elle pleure, à présent. Siehez que je ne plaisanie |ias. Je vous ai fait un présent qui était un secret entre nous deux; vous en avez fait part à un anlre, et comme je suis la discrétion même, je veux une femme qui garde mes secrets, et qui n'aille pas les communiquer à tout le monde.

HENRIETTE. Moi, j'aijiise? si un pcjt dii'ecela..,

WILIIEM. Oui, jasé, jaié! si vous Voulez: enl]ii, assez causé.

HENRIETTE. Nou, Monsicur, ce n'est pas assez, et vous me dii'cz tout, car je ne veux pas p:isser pour nn; bavarde, surlo"ut lorsque je n'ai pas pu dir..' un mot dans toute la matinée ; demandez à Nauci... m<ii, une bavarde...

WILIIEM. Voilà qu'elle pleure encore! et cet officier, ce cqiitaine, vous ne lui avez pas parlé .pendant un quart d'heure?

HENRIETTE. Moi, je nc l'ai seulement pas vu ! il s'est présenlé à la porte, on la lui a refusée; il m'a adressé un liilkl, je l'ai reiivoyé; voilà ce qui s'est passe, demandez à Nauci.

WILIIEM. Eh ! mais comment se fait-il qu'il connaisse mon présent, et cela grâce à vous ; il s'en est vanté.

HENRIETTE. Cela ii'cst pas possible.

wiLHEM. Il m'a dépeint la forme, la couleur, l'agrafe, mon chifTie et le viMre; et il n'y a pas de doite, il faut qu'il soit sorcier, ou que je sois trompé. Or, comme il n'est pas sorcier...

HENRIETTE. C'cst indigne!

Air : Ma belle est la belle des belleSé J'ignore d'où vient ce my?lère, D'où viennent vos soupçons jaloux.

Comment cela s'est-il pu l'aire"? " Je ne le sais pas plus que vousl D'un crime évident l'on nie blAme ; Mais le fùl-il encor bien raieuv, t'n bon époux eu croit sa femme, Plg^ùt (pie d'en croire ses yeux.

WILHEM. C'est vrai, j'ai peut-être eu tort.

HENRIETTE. Et Hioi , je u'oubUcrai jamais que vous avez douté de ma constance, que vous m'avez soupçonnée; aussi c'est moi qui vous abandonne, qui ne vous reverrai de ma vie, et dans l'instant je vais vous renvoyer votre présent.

•WILIIEM. Comment, ça serait tout de bon! Eh bien ! oui, j'ai en tort; et quoique ce soit moi qui aie à me plaindre, je le demande pardon. (/( .se met à fienou.r.)

iiENRiETiE. Me croyez-vous encore infidèle?

WILHEM. Je n'y conçois lien; maisj'aime mieux m'en rapporter ;i toi.

HENRIETTE. Et VOUS n'avcz plus de soupçons?

WILIIEM. Aucun.

in.NiuE'fTE. Et ma parole vous suffit pour ma justification'?

WILIIEM. Je n'en demande point d'antre.

HENRIETTE, le rclevdnt. Mon bon Wilhem! va, ce mot-là le rend toute m i tendresse; mais ce n'esl pas assez que ton eœiir me croie inuoceiilc; pour umimème je veux maintenant t'en convaincre hautement, et jeuie veni;erai du caiiitaiue. Tu dis qu'il s'appelle'?..

WILHEM. Le capitaine Gustave. — Je vais chez UKin père, et je reviens, {.-I part.) parce que j'ai promis de payer, et l'honneur avant tout.

HENRIETTE. C'est bien!, reviens promptement; mais, quoi que lu voies ici, garde le silence.

WILHEM, recenant. Ah çà! tu gardes mon cadeau, n'est-ce pas?

HENRIETTE. Jc tc promcts dc ne pas le quitter.

LA JAUllLTIIiHK DE LA MARIEE.

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