SCÈNE VIII
JULES, sortant de l'appartement à droite ; ANTONINE.
ANTONINE, toujours devant la glace, et se regardant avec complaisance. Ah ! vous voilà, Jules, approchez... Je n'ai jamais eu de robe aussi bien faite.
JULES. C'est donc aujourd'hui, ma cousine, que l'on va vous marier?
ANTONINE, de même. Dans une heure je vais jurer à M. Bonnemain de l'aimer toute la. vie, et si mes parents l'avaient voulu, je l'aurais juré à un autre. Dilcs-moi, Jules, eoninient me trouvez-vous?
jiLEs. Mais très-bien, ma cousine, comme à l'ordinaire.
ANTONINE. Rien de plus ! Je suis bien bonne de lui demander... comme si un petit garçon s'y connaissait. Je ne sais pas ce que vous avez fait aujourd'hui de votre goiit et de votre amabilité, mais vous êtes d'un maussade...
ji'LES. C^est que j'ai du chagrin.
ANTONINE. Aujourd'hui, c'est très-mal; vous auriez bien pu remettre à un autre jour, par amitié pour moi... (Gaiement et en confidence.) Dites donc, Jules... j'espère que vous avez fait des couplets pour mon mariage ?
LE PLUS BEAU JOUR DE LA VIE
JULES. Non, ma cousine.
ANTOM^E. C'c^t joli ! Commcnt, vous en avez chanté à h noce de madame Préval ! et pour la mienne... c'est bien la peine d'avoir un poëte dans sa famille. Qu'estce que vous faites donc au collège ? Mais si vous voulez, il est encore temps ; mettez-vous à l'ouvrage, vite un impromptu.
Air : Comme il m'aimait.
Dijpèchcz-vous, {bis ) Car dijjà la journùe avance.