JULES
Il aimo Esti-Ue! ah! [jour moi quollejoie!
bonnemain, regardant Jules.
Dieu! comme il m'aime, cl comme il a bon cœur! {Les acteurs sont rangés dans l'ordre suivant : le premier désigné tient la droite de l'acteur : M. de Saint- André, Frédéric, Estelle, niadame de Suint-André, à qui onapproche un fauteuil, Antonine, Bonnemain, Jules.)
BONNEMAIN. Tout cst cxpliqué, et, cette fois, j'en suis quitte pour la peur. Pendant qu'ils sont dans les reconnaissances, j'ai bien envie d'enlever ma femme impromptu; car, grâce au ciel, il est près do minuit, et nous louchons an lendemain du plus beau jour do ma vie. [Appelant.) Baptiste, les voitures de noce sont-elles là ?
LE DOMESTIQUE. Nou, Mousieur, M. Jules les a renvoyées.
BONNEMAIN. Eucorc uu contre-tciiips ! Est-ce que nous pouvons nous en aller à pied, en bas de soie, dans la neige? il ne mani|ueralt plus que cela pour récliaulfer l'hymen. Tâche de rallraiicr ma voiture, et averlis-moi sur-le-champ.
maDvme de SAINT-ANDRÉ, qui , pendant ce temps, a causé avec Frédéric, son mari et ses deujc filles. J'ai peine à me remettre de mon émotion. Voilà donc mes deux filles établies. Quelle perspective douloureuse ]iour une mère! car enfin, je vais me trouver seule avec mon mari; sans compter que, dans huit jours, j'aurai encore une noce à subir, le spectacle d'un mariage.
ESTELLE. Non, uia mère, si vous le permettez, nous nous marierons à la campagne, sans bruit, sansapprêts.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ. Et pOUrqUOi doUC CCla?
FRÉDÉRIC Une noce à huis clos, au profit seulement des mariés.
M. DE SAINT-ANDRÉ. Jc ue sais pas SI c'est dans les convenances.
BONNEMAIN, à voix bossc. Belle-uière, belle-mère, nous allons partir.
MADAME DE SAINT-ANDRÉ. Quoi ! déjà?
CHŒUR GÉNÉR.\L
Air du Calife de Bagdad.
ENSEMBLE
JULES, à part.
Ah! jc sens là battre mon cœur.
Et de dépit et de douleur!
BONNEMAIN
Oui, je sens là battre mon cœar ; C'est donc fini ; Dieu, quel bonheur!
ANTONINE
Ah ! je sens l,i battre mon cœur.
D'émotion et de frayeur!