‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 586 sur 809 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MADAME LOCARD, ALE.KANDRE.

ALEXANDRE. Est-ou liBurcux d'étrc troisième clerc! Je ne sais pascounni'ul font ces petits gaillards-là. Ils sont toujours gais; moi, je n'ai jamais leteuip-.

MADA.ME LOCARD; Ouvrant la lettre. Mou ami, c'est un autre parii qu'on nous propose, une fiile unique; la

fille de madauie de Bcaumoiit, que vous connaissez. Vous l'avez vue l'autre semaine dans un concert.

ALEXANDRE. .Ml! oui, ccttc dcmoisfllc qui chantait faux.

MADAME LOCARD. Qu'importc? OU uc sc marie pas pour chanter.

ALEXANDRE. Vous avczraisou, et j'aimerais mieux celle-là.

MADAME LOCARD, Usaut. Écoutcz, écoutcz. « Madame « de Beaumnnt, qui est la veuve d'un procureur, ne « peut pas souffrir les avoués; et comme elle a de « l'ambition, elle ne veut pour gendre qu'un notaire. « Elle donne deux cent cinquante mille fr.uiis. »

ALEXANDRE. Il n'y a pas à hésiter, cinquante mille francs de plus.

MADAME LOCARD. Et (Miis UDe musicienne !.. (Continuant à lire.) a Elfe donne deux cent cinquante mille « francs, mais payables dans six mois. H lui est iin- « possible de compter la dot avant ce terme. » Ah! mon Dieu ! voilà qui dérange tout. h^^jj v^-..

ALEX.ANDRE. Il Serait possible! :;.. :.) ,.•

MADAME LOCARD. Eh oui, saus doutc! puisqu'il vous faut votre argent dans trois mois; puisque, pour payer votrecharge,nousn'avonsdevantn lusqu'uu trimestre.

ALEXANDRE. Si Ça u'cst pas désol.int ! une femme qui me convenait sous tous les rapports, une femme de di'ux cent cinquante mille franc-, à larfuille il faut renoncer, et tout cela parce qu'on est pressé.

Madame locard. Ah! mon Dieu, oui. Il faut revenir à l'autre, qui, du reste, olfre aussi de grands avantages. Comme je vous le disais, l'oncle est un relie manufacturier que vous conniissez de 'lom, M. Durand, de Saint-Quentip.

ALEXANDRE. Eli ! Hiou Dicu, oui ; et l'on me p irlaif , l'autre jour, de mademoiselle Élisa, sa nièce, une demoiselle charmante.

MADAME LOCARD. Vous voycz bien.

ALEXANDRE. Maïs c'est qu'oH disait qu'elle avait une inclination.

MADAME LOCARD. Pcopos BU l'ait ! Voulcz-vous, oui ou non, vous en rapporter à moi?

ALEXANDRE. Eli ! oui, ma chère maman! je sais bien que vous m'aimez, que vous m'adorez, ijue vous ne voulez que mon bonheur; aussi je me laisse guider par vous, qui, du reste, avi'z bien plus de tète que niui.

madame LOCARD. Eli hicu ! M. Durand doit venir aujourd'hui dîner, et pour le décider...

ALEXANDRE. Est-ce qu'il ne l'est pas encore?

madame LOCARD. Eh! mon Dicu, non, et c'est pour cela que je l'ai invité, ainsi que sa nièce, votre prétendue... Mais comme vous êtes fait! .Mettez-vous donc à la mode. Voilà une cravate comme on n'en porte plus, et vous êtes en arrière de trois mois.

ALEVANDRE. Ne faudrait-il pas mettre un pantalon à la Jocko. et un chapeau à la Robinson ?

MADAME LOCARD. Eh bieu! oui. .Mais allez donc; j'attends M. Durand, qui peut arriver d'un moment a l'autre.

ALEXANDRE, en s'en allant. C'est joli, un notiiiro à la Jocko.

MADAME LOCARD, SCule.

AIR du vaudeville do la Somnambule.

Qdelipies gens qu'un faux z;de excite.

Toujours prompts à moraliser, Pourront critiquer ma conduite.

Et d'égoisnie m'accuser :

Mais daus mes desseins je persiste; Jamais, quel que soit leur avis,

LA CHARGE A PAYER

Une m6rc n'est égoisie, C;ir Sun Ijuuli urcst celui de son (ils.

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