SCENE XL MADAME LOCARD, Pi^VClDE
MADAME LOCARD, à part. Maiiifeiiaiit tout est réparé, et je puis conipler sur madame île Beaiimoat.
PLACIDE. Nous venons de terminer, et je n'ai pas voulu partir sans vous présenter mes hommages.
MADAME LOCARD. Etes-vous coptenf ?
PLACIDE. Enchanté ! inipossihle de trouver un notaire plus habile! L'arte que j'ai signé est parfait; tout y est prévu et garanti ; nous pouvons mourir l'un après l'autre ou simullauément, sans que cela fasse la moindre des choses; c'est un chef-d'œuvre de rédaction tranquillisante.
MADAME LOCARD. Ainsi, VOUS u'avcz aucune crainte pour votre argent?
PLACIDE. Oh! mou Dieu! je vous le laisserai jusqu'à ce qu'il se présente unétahlissement pour ma fille.
MADAME LOCAiiD. Vous avpz donc iinc fille?
PLACIDE. Oui, une demoiselle nubile, qui ne demanderait pas mieux que de se marier. C'est sa dot que je viens de déposer entre vos mains. Quant au reste, je ne m'en mêle pas; le mari viriidra quand il voudra. Je n'ai pas envie de me mettre en cour.se pour le clierchi^r : on a bien assez de ses all'aires.
■MADAME LOCARD. C/est unc plaisanterie; vous ne devez pas manquer de prétendants.
PLACIDE. Je n'en ai pas encore vu un seul; il est vrai que je ne reçois jamais personne ; nous vivons, ma fiJle et moi, comme le solitaire du mont Sauvage, pas la plus petite visite.
Am : Le choix que fait tout le village.
Depuis trente ans, dnns la même demfurc, Aux mêmes soins constamnn'iit .illaclié.
Je suis levé toujours à la même lieuiv; A la même licuie aussi je suis coiiclié... Ce sont tonjouisles mêmes plats que j'aime, Je bois toujours même vin... excepté Que la bùuleitle, hélas! n'est pas la inême, ' Mais c'est toujours la même volupté. Oui, la bouleiHe, helasi n'est pas la même. Mais c'est toujours la même volupté.
MADAME LOCARD. Mais cnflu, VOUS désirez marier votre fille?
PLAcmE. Sans doute; mais je voudrais que cela fût fait; ou au moins n'avoir plus qu'à signet le contrat et à donner ma bénédiction. Je crains d'être obligé de jouer un rôle actif, de périr de fatigue dans le cours des visites, ou de suffocation au milieu des embrassements.
MADAME LOCARD. Jc iTic mcts à votrc placc, et je conçois vos inquiétudes; mais il est peut-être un moyen de les faire cesser; j'ai en tète certain projet... Vous avez vu mon fils; je ne vous en dis pas davantage; faites-nous l'amitié de nous amener ce soir votre aimable fille. Venez sans façon, nous n'aurons pas beaucoup de monde, A quelle heure dînez-vous ordinairement?
PL.\ciDE. A midi, et je soupe h sept heures.
MADAME LOCARD. Hé bicu! nous lelarderous le dîner d'une heure; ce sera comme si voussoupiez, et ça ne dérangei-a rien à vos habitudes.
PLACIDE, (i lart. En vérit(', cette femme-là est charmante... {Haut.) Certainement, Madame, on p<nit toujours accepter un bon diner, ç) n'engage à rien; et puis d'ailleurs, je suis bon père, et si jc peux, sans me déranger, faire le bonheur de ma fille. ..
ÀiR du vaudeville des Amazones.
Je suis par goût tranrpiille et sT-ileiitaire : C'est mon .système, et je m'en trouve heureux Combien de cens, dans leur ardeur léçère. Vont ponrsuivaiit la furtiine en tous lieux!.. Quand après elle ils courent de la sorte, En l'attendant je tais bien mieux, je eroi; Si le bonheur souvent frappe â mil porte. C'est qu'il est sûr de me trouver chez moi.