SCENE II
Les précédents, SIMONNE.
SIMONNE, prête à rentrer chez elle et s'arrêtant. Ah ! des étrangers à la poric de madame Benjamin... [S'avaiiçant.) Monsieur otMadame voudraient entrer?.. Monsieur désirerait quelque parure pour Madame?,. C'est d'un bon mari...
FRANCINE. Monsieur n'est pas mon mari!..
SIMONNE , vilement. Vous n'èles pas mariée?.. C'est égal!., cela n'empêche pas...
FRANCINE, ni'ec impatience. Ehl non, ma chère... Première demoiselle de boutique chez madame Benjamin...
SIMONNE. C'est vrai!., ces dames en attendaient une... et vous serez la bien reçue.
FRANCINE. Ça n'en a pas trop l'air, puisqu'on nous laisse il la porte !
SIMONNE. C'cstjuste!.. La boutique n'ouvre jamais av.ant ncul heures... c'est grand genre... Vous y serez à merveille... Les marchandes comme il faut se lèvent tard, comme les grandes dames leurs pratiques... Ce n'est pas comme nous... Simonne, la servanle de ce cabaret , à la Grande Pinte, où l'on reçoit la meilleurj société de Calais, en matelots et soldats de marine... Je n'ose pas vous proposer d'entrer...
FRANCINE. Vous ètcs trop bonne.
SIMONNE. Vous ne feriez peut-être pas m il... carici vous risquez d'atlendre... Il y avait bal hier soir... ces demoiselles dansent beaucoup ! . .
FRANCINE, vivement. Il y avait bal'?
SIMONNE. Et ce soir encore... trois jours de suite ; c'est fête en mémoire du siège de Calais... par Eustache de Saint-Pierre... non, à cause de saint Eustache... Vous devez connaître cette histoire-là?., une histoire nationale, comme ils disent.,. Tant il y a que madame Benjamin et ses demoiselles ont dansé hier, par esprit national j une partie
de la nuit, et qu'elles se lèveront encore plus tard que d'ordinaire , pour se reposer et recommencer ce soir... M.ais, pardon!., je rentre du marché... et on m'attend chez nous.
FRANCINE. Que nous ne vous retenions pas!
SIMONNE, J'ai bien l'honneur de saluer Monsieur et Mademoiselle... {À part.) Elle est gentille la petite marchande de modes!.. Et puis, cet olDcier-là n'est pas un Français , c'est quelque étranger... Je comprends !.. Du reste, ça ne me regarde pas ! {[faut.) Monsieur et Mademoiselle... {Elli salue encore et rentre dans sa boutique.)