‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 658 sur 809 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

MARCEL, en faction, FRANCINE, paWan< au fond aux nobles dames qui sont entrées avec elle.

Je demande quelques instants de repos... La<ly Pekinbrook voudra bien me remplacer .. (.1 part, et redescendawf^a icéne. )Enfin, j'ai pu mesoustraire à la surveillance de M. le comte qui ne me quittait pas des yeux... et pendant qu'il allait donner des ordres pour le banquet... C'est très-fatigant, mon état, surtout quand on n'en a pas l'habitude !.. Ils sont tous à me demander des audiences particulières... (.ipercex'unt Marcel qui lui présente les armes.] en voilà un qui n'en demande pas et qui en a peutêtre grande envie!..

MARCEL, en faction.

Je n'ose !

LA RKINE DCN JOUR.

w II

FRtNRINR. A moins que ce ne ntt une linrlio^-e qnl ne 95r)ie p:>s lire. — Aete 3, sfène 6.

FRANCiNE, à part.

Il hésite!..

MARCEL

Ail ! je tremble !

FRANCiNE, </e même.

Il a peur!

MARCEL

Quel tourment !

FRANCINE

Il s'approche !

MARCEL, inquiet, s'arrètant.

Halle-là!

FRANCINE

Quel malheur!

ENSEMBLE

Comme mon cœur palpite!

Serait-ce la frayeur!

Non... non... ce i|ui l'agite Est plutôt (lu bonheur!

MARCEL, à part.

Quitter le poste ipie l'on garile, Je le sais, est fort dangereux.

FRANCINE, à part.

11 ne vient pas...

(Se (iétniirnnnt.)

Mais il refç.irile ..

MARCEL, couiaitt à elle.

0 ciel! voilà ses jolis yeu\!

FRANCINE, d'un Ion de princesse.

Que me veut cettu sentinelle?..

M.ARCEL, stupéfait.

Je me trompais . . ce n'est pas elle ; Francine m'aurait reconnu!

FRANCINE, à part.

Pauvre Marcel ! qu'il est ému!

Eh bien ! il retourne à sa place !

{Avec dignité.) Approchez, mon garçon... Peut-éire voulez-vous Obtenir île moi quelipie grâce !

MABCF.L, à part, avec joie.

Ah! voilà ses accents si iloux !

FRANCINE, avec coquetterie.

Vous ferais-je peur?..

MARCEL, venant à elle.

,\u contraire...

C'est que. . c'est que .. malirré votre air sévère... FRANCINE.

Eh bien'..

LAt.NV, — Inniriiiivrîe i'( \ liHl et ' ie. — \,

LA lîi-iNE D'UN .loin.

MAiiccr..

Je crois voir!..

FnANCINH.

Quoi (Jonc?..

MAHCEL, vivement.

Une cociiiettc!.. une inçrate!..

(S'arrêtant.)

Ali! pardon !

Mais Votre Majesté possf'tle sa figure!

FRANCiNE, feignant ta surprise.

Moi!..

MARCEL

Ses regards et sa tournure!

FRANCINE

Vraiment! .

MARCEL

Sa taille et ses attraits!

FRANCINE

Vous riez?

MARCEL

Enfin, dans vos traits Chacun reconnaîtrait l'imago ..

FRANCINE

De nuoi!..

MARCEL

De son doux et charmant visage!

FRANCINE, fli'ec Coquetterie.

Ah! vous croyez?..

MARCEL, arec passion.

Eli! tenez, maintenant, Je trouve qu'en vous regardant...

C'est toi!., c'est vous !..

FRANCINE, sévèrement.

Arrêtez, insolent!,.

ENSEMBLE

MARCEL, d part.

Ah! je respire a peine!

Est-on plus fou que moi?

AUlt prendre une reine Pour l'ohjet de sa foi!

FRANCINE, à part.

Je gémis de sa peine!

yii'il a d'amour pour moi!

Ah! que l'état de reine Est tin pénible emploi!

MARCEL, aeec expression Pardonnez-moi, pardonuez-moi, M idame; J'ai grand tort... mais à votre a:<|icct Malgré moi j'éprouve en mon àiiio Bien plus d'amour que de respect !

A vos genoux chacun implore Votre rang, votre dignité !

Moi, c'est une autre que j'adore Aux pieds de Votre Majesté.

ENSEMBLE

MARCEL

Ah! je respire .i peiiii', etc.

FRANCINE

Je gémis de sa peine, etc.

FRANCINE, s'oubliant peu à peu.

Vous l'aimez doue bien!

MARCEL, aeec elialeur.

Si je l'aime!..

Ah ! comme l'on n'aima jamais !

FRANCINE

Mais qui sat... peut-être oUe-mènie Parlage-t-cUe vos regrets ?

MARCEL

Oh! non, non, c'est une volage!

FRANCINE

Qui VOUS l'a dit?..

MARCEL

Hélas! mou cœur FRANCiNK, vivement Vous vous trompez!

MARCEL

Elle a, je gage, D'autres amants !

FRANCISE

C'est une horreur!

ENSEMBLE

MARCEL, surpris, à p::rt.

Mon Dieu ! quel dél.ra Agite son cœur!

Le mien y croit lire Son ancien bonheur!

Cha(pie mot m'enflaumie; Quel doux souvenir!

Et je sens mon 4mc Renaître et mourir.

FRANCINE, à part.

Que viens-je de ilire?

Quel trouble en son cœur!

Le mien y en it lire Notre ancien bonheur!

Chaque mot m'enflamme; Quel doux souvenir!

Ah! je sens mon ime Henaitre et mourir.

FRANCINE, à part, ai:ec agitation.

Je n'y liens plus!.. Quand il m'.iccuse. Adieu le Irino et la grandeur.

MARCEL, de même.

Esl-co mon amour qui m'abuse?

Est-ce encore une triste erreur?

FRANCINE, s'oubliant.

Marcel! pauvre Marcel!..

(S'arrêtant.) Ciel! que viens-je de faire?

MARCEL, hors de lui.

Ah! voilà sa voix d'autrefois.

FRANCINE, à part.

Ici, tout est perdu!., ma dot et le mystère!

MARCEL, arec agitation.

Vous m'avez appelé ?

FRANCINE, hésitant.

Tout ;i l'heure, je crois.

Le maître do ces lieux te nomma.

MARCEL, avec transport, tombant à genoux. Cette fois.

Non! je ne rêve plus! c'est toi que je revois!

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