SCENE PREMIERE
LUCREZIA, ANGELA, Femmes.
(Au lever du rideau, Lucrezia, entourée de ses femmes, est assise devant un chevalet et s'occupe à peindre. Angela, sa sœur, est assise de l'autre côté, et joue de la mandoline.)
CHŒUR
Bcaus-arts ! doux diarnic de la vie !
Plaisirs purs et toujoius sereins !
Par vous le tenijis que l'on ouldie S'enfuit emi)ortant nos cliagrins!
ANGELA, se levant cl regardant le tableau de sa saur. Ah! <iuelle grâce enchanteresse!
DAiTKEs FEMMES, regardant aussi.
L'Albane inspire votre altesse.
Et semble guider ses iiinceaux !
HCREZIA, regardant son tableau.
Oui, c'est bien la chaste Diane!..
Oui, c'est bien elle qu'un profane "Vient de surprendre au sein des eaus!
CHOEUR
Beaux-arts, doux charme de la vie .' Plaisirs purs et toujours sereins !
Par vous le temps que l'on oublie S'enfuit emportant nos chagrins !
LUCREziA, se levant et poussant un soupir. Peindre «st un grand bonheur !
ANGELA
Ce doit être le vôtre.
mCREZlA.
Bonheur bien ennuyeux quand on n'en a pas d'autre. Je ne sais d'où vient la Iristesse Qui m'accable, m'oppresse.
Et me poursuit toujours.
Une sombre mélancolie
Du printemps de ma vie Obscurcit les beaux jours!
En vain, pour moi, les parures brillantes
Etincellent de toutes parts; Du bal joyeux les danses séduisantes En vain attirent mes regards; Ces plaisirs, jadis mon bonheur, Ne peuvent plus toucher mon cœur!
Je ne sais d'oii vient la tristesse
Qui m'accable, m'oppresse.
Et me poursuit toujours...
Etc., etc.
Beaux-arts que j'adore.
Vous, mes seuls amis.
C'est vous que j'implore
Contre mes ennuis!
Séduisante idole,
A qui j'ai recours.
Et qui nous console ^^
Mieux que les amours! >
Oui, votre ivresse
Dure à jamais, •
Et ne nous laisse
Aucuns regrets!
Beaux-arts que j'adore.
Vous, mes seuls amis.
C'est vous que j'implore Contre mes ennuis !
Etc., etc..
{A la fin de ce morceau, les femmes s'éloignent et Lucrezia reste seule en scène avec Angela.)