SCENE VllI
HORACE, puis JULLVNO.
HORACE, avec joie. Ah! elle a raison!., qu'allais-je faire?., du bruit, de l'éclat... la compromettre pour une contredanse qu'elle lui accorde par grâce... et qu'elle me donne à moi, qu'elle mo donne d'elle-même!
JULIANO. Eh bien!., qu'y a-t-il?.. je te vois enchanté.
HORACE. Oui, mon ami... je danse avec elle.
JULIANO. Tant que cela !
HORACE. Ah! ce n'est rieu encore.,, elle m'aime, j'en suis sur.
JULIANO. Elle te l'a dit?
HORACE. Pas précisément!
JULIANO. Mais lu sais qui elle est?
HORACE. Nou, mon ami.
JCLI.\N0. Tu le sauras demain?
H0R.iCE. Non, mon ami... je ne dois plus la voir... c'est la dernière fois.
JULIANO. Et tu es ravi?
HORACE. Au contraire... je suis désespéré... mais j'avais encore une heure à passer avec elle... une heure de plaisir... et je ne pensais plus à l'heure d'.iprès... qui doit faire mon malheur... car c'est tantôt i minuit qu'elle doit yjartir.
JULIANO. En es-tu bien sûr?
nOR.iCE. Elle l'a dit devant moi... a sa compagne :
toutes deux se sont donné rendez-vous ici... dans ce salon... et quand minuit sonnera à cotte horloge," je la perds pour jamais.
juLi.\No. Allons donc, nous ne pouvons pas le permettre.
HORACE. J'en mourrai de chagrin.
JULUNO. Et elle de dépit... elle veut qu'on laretionno... c'est évident..,, et tu ne dois la laisser partir qu'après avoir obtenu son secret, son amour.., elle ne demande pas micu.'!.
HORACE. Tu crois?
JULIANO. Mais malgré elle... cl c'est une satisfaction que lu ne peux lui refuser.
HORACE. Certainement... mais comment faire?., comment la retenir quelques heures do plus?
JULIANO. Cela me regarde.
noRACE. Et sa compjgne, qui sera toujours là avec elle. .
JULIANO. Il faut les séparer... garder l'une... etrenvoyer l'autre... quoiqu'elle soit gentille... car j'ai dansé avec elle... et vrai, elle est amusante... surtout par ses réûcvions... nous étions déjà fort bien ensemble .. et je vais y renoncer... pour loi... pour un ami... Voilii un sacrifice... que tu ne ferais pas... Tiens, liens, je la vois d'ici... cherchant des yeux sa compagne .. qu'elle n'iip.jrçoit pas.
HORACE. Je crois bien... elle danse dans l'autre salon.
JULIANO, avançant l'aiguille de l'horloge, et la mettant à minuit moins quelques minutes. C'est ce qu'il nous faut... Sois tranquille alors.
HORACE. Que fais-tu donc?
JULIANO. J'avance pour elle l'heure de la retraite.