‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 718 sur 809 · HORACE, JULIANO, BRIGITTE · texte numérisé non relu

HORACE, JULIANO, BRIGITTE

BRIGITTE, sortant du salon à droite. Je ne l'aperçois pas... est-ce qu'elle serait restée tout le temps dans le petit salon?., ce n'est p,as possible... Ah! encore ces deux cavaliers, celui qui dort... et celui qui... enfin... Montrant Juliano.) le jour! {Montrant Horace.) et la nuit!

JULIANO. Puis-je vous rendre service, ma belle senora?

BRIGITTE. Non, Monsieur, ce u'est pas vous que je cherche.

JULIANO. Eh! qui donc?

BRIGITTE. Est-il possible d'être plus indiscret?., c'es déjà ce que je vous ai dit tout à l'heure.

JULIANO. Quand je vous disais que je vous aimais...

BRIGITTE. A la première contredanse et sansm'avoir vue!

JULIANO. C'est ce qui vous trompe... votre masque était si mal attaché, qu'il m'avait été facile de voir...

BRIGITTE. Quoi donc?

JULIANO. Des joues fraîches et coulcm' de rose.

BRIGITTE, à part. C'est vrai!

JULIANO. Une physionomie charmante...

BRIGITTE. C'est vrai!

JULIANO. Les plus jolis yeux du monde...

BRIGITTE. C'est vrai !

HORACE, bas, à Juliano. Quoi! réellement?

JULIANO, de même. Du tout!., c'est de confiance... ce doit être ainsi.. {Haut, à Brigitte.) Vous voyez donc bien, senora, que vous pourriez vous dispenser de garder votre masque... car je vous connais parfaitement.

BRIGITTE. C'est étonnant!

JULIANO. La preuve, c'est que tout à l'heure ici, j'ai donné votre signalement exact à un domino noir qui vous cheichait.

BRIGITTE. Qui me cherchait?

JULIANO. Oui , vraiment. . elle disait : « Où donc estelle?., où donc est-elle?.. — Dans ce salon, ,ai-je répondu, au milieu de la foule... — .\li ! mon Dieu! cumnicnt la retrouver?., en aurai-je le temps? » Puis rcgard.inl cette horloire. ell; s'est écriée ..

LE DOMINO NOIR

uniGiirr. , rcijardant l'horloge et poussant toi cri. Mhiuirt ci; nV'St pas possilile .. tout à l'iicurc, dans l'autre salon, il n'était iiue onze heures... Mou Dieu! mou Dieul comme le temps passe daus celui-ci!.. (À Julianu.) Et ce domine... celle dame... où ost-cUe?

Ji'LiANO. Partie !

BRIGITTE. 0 ciel!

JULIANO. Partie eu couraut.

BRIGITTE. Et sans m'attendre... il est vrai que ciiiq minutes de plus... impossible après cela... il est trop lard... mais m'abandouncr... nie laisser seule ainsi...

ji'LUKO. Ne suis-je pas là?

BRIGITTE. Eh! non, Monsieur, laissez-moi!

JULIANO. Je serais si heureux de vous sel-vil;...^ de vous défendre!

BRIGITTE. 'Vous vojcz bion que je n'ai pas le femps de vous écouler... Laissez-moi partir, je le veux!

ji'LiANO. Vous êtes fàchee?

BRIGITTE. Je li devrais... mais est-ce qu'oa a le temps, quand on est pressé'?

JULUNO. Senora... {Son masque se détadit à moitié.) k\\ ! qu'elle est jolie !

BRIGITTE. Vous ne le saviez donc pas'?.. Quelle trahison!., vous qui tout à, l'heure... Ah! minuit va sonner... je pars.

JUliANO C'est qu'elle est vraiment charmante, et je suis désolé maintenant de mon dévouement... Elle s'éloigne... elle a disparu... et je suis victime de l'amilié... Ah! et cette aiguille qu'il faut ramener sur ses pas. [Faisant retourner l'aiguille à onze heures.) Ma foi, nous pré|iarous de l'ouvrage à l'horloger de la cour. (Se retournant.) C'est vous, Milurd, quelles nouvelles?

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