‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 767 sur 809 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les précédents, MALIPlERt.

halipieui, avec humeur. Eh bien! Domenico, tu n'ent nds pas'; des glaces, des sorbets !

DOMENICO , sortant. Oui , des rafraîchissements pour calmer k'ur ardeur... j'y vais, monsieur le capitaine! vous ne rentrez pas?

MALiriERi, arec humeur. Non. . {À part.) Décidément la fortune m'en veut aujourd'hui !.. j'aurais mieux fait de ne pas ni'asseoir à ce jeu maudit... deux mille sequin» licrdus,.. sur parole... il est vrai... dettes d'honneur payables seulement à Venise .. mais c'est qu'à Venise il y en a d'autres. . beaucoup d'autres qui m'attendent... et ;i moins de (|ue>pies moyens désespérés et victorieus... tApercevunt Haydce.) Ah ! mon ancienne esclave... ma liait du bulin... que, malgré moi, il'm'a fallu céder à mon général.

HAYDÉE. C'est-i-dire vendre!..

MALiPiERi. Dix mille sequins... vrai marché de dupe !.. d'abord un seul de tes regards vaut mieux que cela.

UAYDEE. Le capitaine est g.dant.

MAUPiEiu. Et puis, il ces diamants que tu portais et dont mes soldats s'étaient déjà emparés, j'ai toujours eu l'idée, malgré ton silence obstiné, que tu appartenais à quelque riche et puissante famille de Chypre, qui paierait un jour ta rançon iiuatrc ou cinq fois cette somme !

HAYDEE, ioiirianf. Tu crois?

MALiPiERi. Oh! lu ne me diras pas ton secret... mais il en est un autre peut-être... que tu possèdes... celui de ton maitre.

iiAYDtK. Il en a donc un?

HALipiEBi. Que je tiens 3. connaître, par intérêt pour lui .. et jo me fais fort d'obtenir ta liberté... si tu me dis seulement,.!

HAYDEE. Quoi donc?

MALiPiERi. Ce que Lorédan to dit à toi ,, dans vos çntretiens du soirt

UAYDEE. Ah! très-volontiers I

tnEMlEB COlTtEÏ.

Il dit qu'à sa noble patrie, Dont l'honneur lui l'ut confié,

Il aurait tout sacrifié I Il dit i|iio |iour charmer la vie.

Lu premier bien, c'est l'amitié!

Il dit que l'amour éphémère Brille un inst;int et fuit, hélas!..

{À demi-voix.) Et quoique discret d'ordinaire, L'autre jour il m'a dit tout bas...

Tout bas...

{Maiipieri redoubla d'attention ) A Venise, sachez vous taire.

Oui, vous taire... vous taire...

[Gaiement.) C'est la ville aux joyeux ébats, Cliantez-y, mais n'y parlez pas !

Chantez, amis, ne parlez pas!

Tra, la, la, la, la.

MALiPiERi. C'est très-bien!., voilà ce qu'il t'a dit!., mal.s ce que lu sais de lui,..

DEUXIÈME COUPLET

HAYDÉE

Je sais qu'avant tout il çstime La vertu, la gloire et l'honneur.

Et qu'il tend la main au malheur; Je sais que, noble et magnanime, Il méprise le délateur ; Je sais qu'à la paix, à la guerre, La prudence guide ses pas...

La preuve, c'est qu'avec mystère.

Hier soir, il ni'a dit tout bas.

Tout bas...

{D'un air mystérieux.) A Venise, sachez vous taire.

Oui, vous taire... vous taire ,.

C'est la ville aux joyeux ébats, Cliantez-y, mais n'y parlez pas !

Chantez, amis, ne parlez pas!

Tra, la, la, la, la, la.

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