SCENE XI. Les PRicÉDENTs, DOMENtCO
LOBÉDAN, achevant de cacheter sa lettre et s'adressant à Domenico. Eli bien! nos convives?
DOMEMCo. Ils sont capables de rester 1;\ toute la nuit ! une fois iiu'ils sont à boire et à jouer...
LORLDAN, brusquement. A jouer!.. Dis-leur que demain nous partons... et ipi'il est temps de se livrer au repos...
DOMENICO. J'y vais .. mais vous!.. Monseigneur...
LORÉDAN, mettant dans sa poche la lettre qu'il vient d'écrire et de cacheter. Moi!.. Dieu veuille!., je ne le puis! tant de pensées... tant de souvenirs m'assaillent à la fois. . donne-moi mon chibouquc!
HAYDÉE
DOMENiCO, lui présentant une longue pipe turque.
Voici. {Bas, à llaydée.) Vous voyez bien (lue sa tùtc est en feu!.. Pour le calmer, «liles-lui quelques-uns de ces airs qui lui font tant de bien! [Bas, à Rafaëla.) Vous savez, des airs du ijays... des airs de Venise! {Il va prendre sur la table à gauche une mandoline qu'il remet à llaydée. Lorédan est à demi couché sur le canapé à droite, près de la table, et tout en fumant il parait absorbé dans ses réflexions. Aux premiers accents de la mandoline, il tressaille et se retourne vers Llaydée.)
LOREDAN, lui tendant la main avec reconnaissance. Merci, Haydéel.. j'allais te le demander.
DOMEMCO, à part, en s'en allant. Je savais bien que cela lui ferait ijlaisir! je vais congédier nos officiers. (/( sort par la porte à gauche.)