SCENE \U
Les précédents , RAFAELA et HAYDÉE.
(Elles paraissent toutes deux, à gauche , au haut de
l'escalier qui conduit des étages inférieurs au pont
du vaisseau.)
HAïDÉE. Oui , signora... je n'entends plus de bruit, il n'y a plus de danger... venez!
RAFAELA. A la bonne heure! je ne pouvais plus y tenir... De crainte et de... (Regardant autour d'elle.) Le combat est donc fini?
HAÏDEE, apercevant Domenico. Lorédan!.. où est-il? (Domenicolui montre Lorédan triste et la tète baissée.) Ah! vous voilà, maître! (Le regardant avec intérêt.) il ne vous est rien arrivé? .
LOREDAN. Non! non!
RAFAELA. GiAce au ciel!
LOREDAN , aux deux jeunes filles. Merci , merci , mes jeunes amies, mais au fond do ce vaisseau et pendant le combat vous avez eu bien peur?
HAÏDÉE tT RAFAELA. Oui! pOUr VOUS !
DOMENICO. Et il y avait de quoi! on n'a jamais vu s'exposer ainsi! vous étiez partout.
LOREDAN. Toi aussi ! car je t'y ai rencontré.
DOMENICO. Pardi! je vous suivais!., aussi une belle victoire, je m'en vante!
MALIPIERI , s'avatiçant. Onze vaisseaux turcs que nous ramenons à Venise...
LOREDAN. Ah ! c'est vous, seigneur Malipieri, je vous ai cherché des yeux dans le combat , et je vous ai rarement aperçu.
MALIPIERI. J'observais l'ennemi.
DOMENICO. Sa seigneurie observe beaucoup.
HAÏDÉE, à Bafa'cla, qui regarde autour d'elle avec inquiétude. Et vous aussi., signorina... (.1 Lorédan.) Mais je ne vois pas mou protégé...
RAFAELA, avec embarras. Oui .. celui que tu avais recommandé ..
LOREDAN. Tu avais raison de m'en répondre... il s'est battu comme un lion! pendant longtemps, il s'est tenu à mes côtés .. mais vers la lin du combat, je ne l'ai plus vu.
MALIPIERI, /'roidemenf. Il est probable qu'il aura été tué!
RAFAELA. 0 Ciel!..
HAYDEE, à voix basse, et lui serrant la main. Taisezvous donc!
LOREDAN, à ilalipieri. Non!., il n'est, grâce au ciel, ni parmi les moris... ni parmi les blessés... je m'en suis déjà informé... mais il a disparu .
DOMENICO- C'est lui que j'aurai vu se jeter dans une chaloupe avec «ne dixaine de bombardiers, des Dalmatos qu'il emmenait.
MALIPIERI. Des soldats de ma compagnie...
DOMENICO, à Lorédan. Ils étaient là les bras croisés... ça les ennuyait, ces braves gens!
MALIPIERI. Et je demanderai comment, malgré mon ordre et mon exemple ..
DOMENICO. Ils ont été s'exposer...
LOREDAN, à i(oH(«»»co. Silence!., nous le saurons!.. (.iux soldats.) Vous vous êtes bien battus, mes amis, votre devoir est fini... (A Domenico et aux matelots, leur frappant sur l'épaule.) J'ai défendu de jouer... mais je n'ai pas défendu aux vainqueurs de chanter et de boire!..
DOMENICO, aiiec une explosion de joie. Vivat!
LOREDAN, soMrianf. Avec la modération qu'on doit ton-
HAYDÉE
jours carder. . même dans la victoire!.. (A Baydéc et à Rnfab'la, qui funi quelques pas pour le suivre.) Restez! vous serez mieux ici, sur le pont... au grand air. {À plusieurs officiers.) Vous, Messieurs, suivez-moi! {Ildescend par l'escalier du fond, dans le second pont, suivi de tous ses officiers.)
DOMENico, sur le bord du théâtre, à droite, et à part. Oh liien! puistiue l'aniir.il le permet, je vais chercher le liaril de rhum pour reuuucr connaissance avec lui, (// descend par l'escalier du fond.)