SCENE VI
I.ES PRECEDENTS; SALDORF, qui est sorti du pavillon avant la fin du second couplet.
SAiDORF, à part. Frédéric et la mariée! ne les dérang ons pas.
HENRIETTE, lin peu émue. Je vous laisse ; je vais signer le contrat , et en même temps je dirai à madame de Saldorf que vous êtes ici.(/iHe sort)
s.vLDORF, attend qu'elle soit sortie, et pousse un éclat de rire. .\ merveille. J'espère que je suis discret.
FREDERIC, à part. Dieu! M. de Saldorf! {Haut.) Vous voyez. Monsieur, que j'ai élé sensible à vos reproches, que ,'e me rends à votre invitation.
S.4LD0RF. A d'autres, mon cher ami; ce n'est pas à mol qu'on eu fait accroire; je sais pour qui vous venez ici.
FREDERIC. 0 ciel!
SALDORF. Et ce n'est pas pour moi.
FREDERIC. Vous pouri'iez supposer?..
SALDORF. Des suppositions? vous êtes bien bon, je n'en suis plus 11, j'ai des preuves.
FRFDER'.c, vivement. Et moi je puis vous attester. .
SALDORF. N'allez-vous pas dissimuler avec niui? Je vous ai vu tout à l'heure, ici même, embrasser la mariéj.
FREDERIC, étonné et troublé. Henriette? eh bien! quel r.ipporl?.. et qu'est-ce que cela fait?
SALDORF. Parbleu, à vous, cela ne fait rien ; mais 4 Frilz, à cet liguuéte tapissier, qui n'était pas la comme hier j:our vous arrêter.
FREDERIC. Que dites-vous?
S4LD0I1F. Il se fàdierait et il aurait raison, parce qu'il faut des principes.
FREDERIC. En vérité. Monsieur, je ue vous comiirends pas...
SALDORF, riant. Admirable! sur ma parole! Il a déjà ou-;
iGO
LA FIANCÉE
blié son aventure de cette nuit. Il ne se rappelle plus que la jeune ln'To'ine do chez qui il sorlait si niystcTionsrmeul, cette beauté si pruile et si si-viTo, c'était iabclio Henriette.
FUÉDEnic. Qui a osé dire?
SALDORF. Vous-même qui nie l'avez avoué.
FREDERIC. Grand Dieu!
SALDOBF. Est-ce vrai? ou n'est-ce pas vrai? Eh! mais, qu'avez-vous donc? vous voilà tout troublé ! Vous y tenez donc beaucoup?
FRÉDÉRIC. Ah! plus que je ne puis vous le dire, et l'idée seule de l'avoir compromise sera pour moi un remords éternel.
SALDORF. Y pensez-vous?
FRÉDÉRIC. C'est à vous que je me confie. Monsieur ; je vous le demande, je vous en conjure, au nom du ciel, que ce secret reste ;i jamais enire nous!
SALDORF. Eh! mais, mon cher, remettez-vous! Je vois en effet que vous êtes bien amoureux, car la télé n'y est plus. Je n'en dirai rien â personne, je vous le jure sur l'honneur.
FRÉDÉRIC. J'y conopte, et me voilà plus tranquille.
SALDORF, à part. Mais, par exemple, j'en profiterai.
fiiedehic. .Xprés cela. Monsieur, je puis vous jurer que vous êtes dans l'erreur sur son compte, que l'affection que j'ai pour elle est ce qu'il y a de plus pur au monde.
SALDORF. C'est toujours comme cela.
FREDERIC. Qu'on n'a rien à lui reprocher.
SALDORF. Cela va sans dire, témoin ce baiser de tout à l'heure. Et tenez, tenez, la voilà encore qui vous cherche et qui voudrait vous porter.
FRÉDÉRIC. Monsieur, je vous jure encore...