CHŒUR DE MATELOTS
0 reine de l'Adriatique, Voici ta sainte basilique Et tes minarets!
{Otant tous avec respect leurs bonnets de matelots.) Salut! 6 ma cité chérie!
0 Venise! ô notre patrie!
J'aurais dii, dans ma fureur
Livrer mon coiui-.
Quel est, malgré moi, le charme Qui m'enivre et me désarme.
Et quel nom me fait frémir, Et de trouble et de plaisir'/ Ce nom, qu'hélas!
Je dis tout bas...
Tu nous apparais I (Le vent a gonflé les voiles du vaisseau qui semble se diriger vers le port, et l'on voit successivement passer dans le lointain l'arsenal de Venise, le quai des Etclavons et la place Saint-Marc.)
CHŒUR
LOREDAN, qui pendant ce temps est au bord du théâtre à gauche.
Ce nom, mou seul bonheur.
C'est celui du vainqueur Que la gloire etriioiiiieur Rendent cher à mon cœur!
J'entends ce peuple ingrat.
Ces patriciens, ce fier sénat.
Célébrer ses exploits...
A ses pieds, je les vois !
Et lui, si mon cœur le voulait.
La guerre! la guerre!
Une guerre à mort!
Je crois qu'aux miens il tomberait !
Ah! pour moi quel bonheur
De lui je n'espcre
De soumettre un vainqueur
GrAcCj ni l'emord :
Que la gloire et l'honneur
Ma gloire est flétrie
Rendent cher à mon cœur.
Ainsi que mon cœur !
Oui... oui... déjà j'ai cru voir
A moi l'infamie
Luire à mes yeux un f.iible espoir!
Et le déshonneur!
Comme au loin dans la nuit brille
MATELOTS ET MOiissEs, suspcndus aux cordoges.
0 reine de l'Adriatique.
Voici ta sainte basilique Et tes minarets!
Une étoile qui scintille Et qui guide, sur les flots.
Les matelots!
Ainsi la douce espérance
Salut! ô ma cité chérie !
0 Venise! ù notre patrie!
A fait luire en ma souffrance On bonheur encor lointain
Tu nous apparais.
Qu'en mon cœur je caclie en vain.
MALUMEBi, à droite, montrant Venise qui apparaît. La guerre! la guerre!
Une guerre à mort!
Je suis, je l'espère, Maître de son sort.
Un nom, qu'hélas!
Je dis tout bas...
Ah ! pour moi quel bonheur De soumettre un vainqueur.
Etc., etc.
Sa gloire flétrie
Sourit à mon cœur !
A lui l'infamie Et le déshonneur!