‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 803 sur 809 · LORÉDAN, HAYDÉE · texte numérisé non relu

LORÉDAN, HAYDÉE

Paidonnc-nioi si j'ose te troubler, Maitrc! (icrmets ce nom! c'est toujours ton esclave, Non la tille des rois, qui voudrait te parler !

LOBÉDAN.

Parle., j'écoute!.. Eh mais! toi que je sais si brave, Tu parais bien émue !

HAYDÉE

Et toi, Bien tranquille!..

LORÉDAN, lui prenant la main.

Elle tremble!

BAYDEE.

Ah! ce n'est pas pour mol!

tOUÉDAN.

Que veux-tu dire?

iiAVDÉE, lentement.

Il est un secret, o mon maître 1 Que tu prétends carher aux yeu.x de tous !.. LOBEDAN, troublé.

Qui... moi?

HAYDÉE

Tu fais bien! mais tu peux me le faire connaître A moi seule!., je vais te dire ici pouriiuoi... DUO.

Je t'aime, ô mon maître, je t'aime!

Et c'est là mon secret à moi !

Oui, je t'aime, je t'aime.

Et je veux, jusqu'à la mort mémo, Tout partager... tout, avec toil A la lueur de l'incendie. Je t'aimais!

Esclave et loin de ma patrie,

Je t'aimais !

Oui, pour toi, tout bas je priais

Et je disais :

Je t'aime, 6 mon maître, je t'aimol Et c'est là mon secret à moi ; Oui, je t'aime, je t'aime, Et je veux, jusqu'à la mort mémo, Tout partager... tout, avec toi!

LdnÉDAN, la contemplant avec amour.

Quel jour nouveau, trop tard, hélas ! brille pour moi.

UAVDÉE.

Tu peux donc maintenant te lier à ma foi...

BNSEUBLE,

{Andante.)

HAYDÉE

Dis-moi quelle est la ]icine Devant moi ne craiu.s rieni Ta douleur est la mienne, Ton honneur est le mien !

LORÉDAN

Voix (|ui calmez ma peine !

Itoux et souverain bien !

Ma douleur est la sienne, Mon honneur est le sien!

LORÉDAN

Non, non, pour mes tourments, tu ne peux rien, hélas!

HAYDÉE

Je ne peux rien, dis-luT ton cœur ne connaît pas

Ce que peut l'amour d'une femme !

Quels que soient tes périls, t'est moi qui les réclame ! Que cruins-lu'? la prison ou la mort'? Tu le tais?.. LOBÉDAN, tremblant et baissant la tète.

Si c'était plus encor ?

HAYDÉE

Parle''

LORÉDAN

Non, non, jamais I

ENSEMBLE

HAYDÉE

A mon cœur fidèle

Que ta voii révèle

La peine cruelle

Qui te fait souBrir.

Que l'orage gronde,

Mon espoir se fonde

Sur un autre monde.

Un autre avenir!

A lui je me livre.

Et prête à te suivre.

Pour toi, je veux vivre.

Ou, pour toi, mourir !

LOBÉDAN, à part.

Que rien ne révèle A son cœur fidèle La peine cruelle Qui me fait souffrir !

0 nuit! nuit profonde!

Dérobez au monde Le remords qui gronde Et vient m'assaillir!

(.i Haydée.) 0 voix qui m'enivre!

Je ne puis te suivre !

Sans moi tu dois vivre.

Seul, je dois mourir!

HAYDÉE

Achève et ne crains rien '

LORÉDAN, à part.

0 déshonneur exlriîmo!

HAYDÉE

Je t'en prie \ gcnous !

LORÉDAN, se cachant la tête dans ses mains.

Non, non! plutôt mourir!

HAYDÉE, se relevant.

Eh bien donc! ce secret que tu n'oses trahir. Je le déroberai seule et malgré toi-même... Jus(pic-là seulement, comptant sur mon secours, Promets-moi de ne pas attenter à tes jours! Tu le jures... pour moi tu dois les conserver! (Lorédan fait signe qu'il y consent.) HAYDÉE, oi'ec exaltation.

Et moi,., je jure, ingrat, de te sauver I

ENSEMBLE

HAYDÉE

Que l'orage gronde.

Mon espoir se fonde Sur un autre monde. Un aulre avenir!

A lui je me livre.

Et prête à te suivre, Pour toi, je veux vivre, Ou, pour toi, mourir!

LORÉDAN

0 nuit! nuit profonde !

Dérobez au momie Le remords qui gronde Et vient m'assaillir!

0 voix qui m'enivre!

Je ne puis te suivre !

Sans moi tu dois vivre, Seul, je dois mouiir!

ITAYDÉE.

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