‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 103 sur 170 · SchiUer, la Cloche · texte numérisé non relu

SchiUer, la Cloche

POÉSIE. 171

Donc, ces pays, si beaux hier, Si riches, les voilà, provinces condamnées, Sans moissons dans Tété, sans abris dans l'hiver. Et sans fleurs au printemps. . . et pour combien d'années !..

Non, il n'en sera point ainsi;

Paris ne le veut pas! — Ses largesses prodigues Débordent, à leur tour, rompant toutes les digues; Car Paris, c'est la tête... et c'est le cœur aussi! — Loire, console -toi de tes propres ravages,

L'ingénieuse charité Vient réconcilier le fleuve et ses rivages; Et ce prix, tu Tavais d'avance mérité :

fleuve! n'es-tu pas cette immortelle Loire Qui, sauvant nos drapeaux troués par le canon, Et faisant de tes flots un rempart à la gloire. Nous gardas notre armée et lui donnas ton nom?

Ah! du lit mouvant de tes sables.

Écoute sur tes bords pleuvoir avec douceur

Tous ces secours intarissables.

Tributs de la Seine, ta sœur 1 Et puis, té soulevant à demi hors de l'onde, Tourne de son côté ta belle tête blonde.

Vois ce cirque de fleurs, de diamants et d'or, Où brillent, plus que tout, des balcons jusqu'aux cintres, Tant de beautés, amour et désespoir des peintres !..'. Cette magnificence est une aumône encor!

Noble et contagieuse aumône

Qui descend des marches du trône.

Et dont un jeune prince électrise l'essor ; Seules fêtes, qu'aux jours où la grande famille

Dans ses fils devait tant souffrir.

Veuille accepter de nous l'infante de Castille : Des bienfaits à répandre, et des pleurs à tarir!

Honneur aux blanches mains qui, pieuses complices D'un si haut patronage, ont partout récolté Ce libre impôt, espoir de l'humble adversité. Des heureux suprêmes délices;

Et qui peuvent enfin applaudir, sous leur gant, De leurs efforts bénis le produit élégant ! — Il fallait, même avec ces douces émissaires.

L'appât des beaux plaisirs pour tenter la pitié,

Alliage utile aux misères, Qui dans For des vertus se glisse pour moitié... La musique est venue en aide aux commissaires ; C'est entre elle et le bien une vieille amitié : Conseillère de foi, d'amour et d'héroïsme; Pure ivresse, où se prend l'être immatériel, Communion sonore, où se tait l'égoïsme, Musique, le seul art des anges dans le ciel ; Toi qui berces l'enfance et consoles de vivre. Prière du chagrin, prière du' bonheur.

Musique, encens de l'âme, agréable au Seigneur, Langue sainte, où jamais ne germe un mauvais livre !.;.

Bref— et ce mot sans doute arrive un peu tard — chœurs. Virtuose, vont faire accueillir leur présence

Comme un luxe de bienfaisance Pour qui battront ensemble et les mains et les cœurs.

Le mien tremble, agité d'une émotion sourde : J'ai pris légèrement une tâche trop lourde... Après tout si ma voix n'est pas à la hauteur^ Comme la royauté vous avez la clémence.

Mesdames, pardonnez aux fautes de l'auteur... Je finis. — Maintenant, que le plaisir commence.

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