‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 114 sur 170 · LA JEUNE EMMA · texte numérisé non relu

LA JEUNE EMMA

Parce que je suis jeune et vive, On me croit légère... ohl non pas!

Je chante, écoutez bieni une note plaintive

Accompagne le rire et s'y mêle tout bas.

C'est que j'ai rencontré des regards, dont la flamme Semble avec mes regards ou briller ou mourir;

Et cette âme, sœur de mon âme, Hélas I que j'attendais pour aimer et souffrir 1

Ta bouche, ô mon ami, trop timide ou trop fière, N'a trahi qu'à moitié le secret de tes vœux ; Moi, rien que pour te voir, je chéris la lumière. Et, chaque nuit, un songe achève tes aveux.

Aussi, pleine de trouble et d'ivresse et d'alarmes, J'ai fui de tes yeux noirs la brûlante douceur; Loin de toi, contre toi, j'ai cru trouver des armes; Mes pas du bois natal ont cherché l'épaisseur, La biche y vient à moi se sauver du chasseur. Tout ce qui me charmait n'a plus rien de ses charmes.

Et même, sans joie et sans larmes.

J'ai revu ma mère et ma sœur !

Ma mère, ma sœur, mes compagnes, Vieux château, tout peuplé de souvenirs si doux.

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