LA FILLE DES MUSES
« Reine de la terre et de Tonde, Divine Impératrice, auguste sœur, salut I
Je me prosterne avec le monde Au bruit de tes clairons... mais je garde mon luthl
Qui sait si les guerriers sauvages, Sombre ouragan poussé vers l'astre des Césars,
N'arrêteront pas leurs ravages.
Enchaînés par la grâce et vaincus par les artsi
LA LAMPE. 193
£t si ma couronne de roses Ne sera pas vivante et toute fraîche encor,
Quand, sur la pourpre où tu reposes, Le temps aura rongé ton diadème d'or. »
LA LAMPE
La lune, sur les pas des heures, Au trône des nuits va s'asseoir, Et le sommeil dans nos demeures Descend avec l'ombre du soir.
Des longs plis de son voile il touche Vos beaux yeux, à demi fermés, La lampe est près de votre couche...
Elle veille et brûle ; — dormez l
Si, dans la nuit, Taile d'un songe En s'enfuyant rouvre vos yeux :
« Ah ! direz-vous , reviens des cieux.
Reviens à moi, riant mensonge, La lampe veille et brûle encor. »
Et, couronné de pourpre et d'or, Demain, quand, sur son char d'opale,, Remontera le roi des jours, Vous la reverrez faible et pâle.
Mais veillant et brûlant toujours!
Puisse alors une voix secrète
A votre cœur parler tout bas
D*une flamme ardente et discrète
Et que les ans n'atteindront pas!
Soit que, dans l'orgueil de vos charmes.
Vous regardiez, sans voir ses larmes.
Celui qui n'ose vous nommer, Ou soit qu'à vous-même ravie, Vous abandonniez votre vie Au douloureux bonheur d'aimer 1