UNE PAGE DE CHILD-HAROLD
( Poésie anglaise. — lord byron)
O mort! tu m'as tout pris, faucheuse universelle I Une mère, un ami, trésor si rarel — et celle Qu'un sentiment plus doux attachait à mon sort! A qui furent tes coups plus terribles, ô mort! Toujours de nouveaux deuils, compagnons de mes courses, Ont, pour moi, du bonheur empoisonné les sources.
Quel est le plus cruel malheur qui, sur le front, Des rides plus avant nous imprime l'affront.
Malheur de la vieillesse, et plus grand qu'elle-même? N'est-ce pas d'avoir vu rayer tout ce qu'on aime Du livre des vivants, où l'on demeure seul?
N'est-ce pas d'être un mort qui cherche son linceul? Je fléchis le genou devant le bras céleste Qui de mon pauvre cœur a déchiré le reste.
Coulez rapidement, jours vains et superflus.
Marchez vite à l'abîme! hélas! vous n'avez plus A m'apporter jamais de douleurs ou d'alarmes. Le temps ayant détruit ce qui faisait les charmes De ma vie, et versé sur mes trop jeunes ans De l'âge des vieillards tous les chagrins pesants.
54 OEUVRKS D'EMILE DESCHAMPS.