A ALEXANDRE DUMAS
A ses yeux de gazelle, à sa grâce perfide...
Rêvons ! — Nous écrirons demain.
Demain, toujours demain!... Eh! depuis trois années, N'en est-il pas ainsi de toutes mes journées? Demain, je me connais, sera comme aujourd'hui : M'enivrer des parfums de son souffle infidèle. De peur d'être compris des autres, fuir loin d'Elle... Et la chercher quand j'aurai fui !
Voilà demain, voilà ma vie 1 — Ah 1 pauvre esclave ! Chez tes amis joyeux va donc faire le brave ! Et, tout gonflé de pleurs, va rire de l'amour! Ou, sur la lyre épique et la flûte champêtre. Va cadencer des vers, pour que ton nom peut-être Vive plus tard que toi, d'un jour !
Que mMmporte un vain nom sans elle? pourquoi faire? C'est l'oubli que j'attends, l'oubli que je préfère. Son nom mourra de même et je serai vengé.
Adieu donc, luth chéri, de l'âme écho sonore; Gloire longtemps rêvée, adieu, je vous abhorre De tout le sombre amour que j'ai.
Si pourtant, comme avec langueur se courbe un saule. Le front tel qu'autrefois penché sur mon épaule. Vous me disiez : « Ami, je ne t'ai point quitté I » Ah ! que ma nuit serait d'un jour brillant suivie !... Essayez! — Un seul mot peut me rendre la vie, Un regard, l'immortalité I