‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 165 sur 170 · MORFONTAINE · texte numérisé non relu

MORFONTAINE

Était là, promenant ses rêves

Sur vos grèves, Qu'il ne connaissait pas, sinon

Par leur nom ;

S'il voyait ces forêts sauvages,

Ces rivages Doux et frais, ces lacs genevois

Que je vois;

S'il entendait les eaux lointaines

Des fontaines Et tous ces mille oiseaux chantants,

Que j'entends ;

S'il visitait l'enclos champêtre

Où vient paître Le chevreuil qui palpite encor

Loin du cor,

Et, plus loin, les grands parcs superbes,

Garnis d'herbes, Et qui servent aux jeunes daims

De jardins,

Et, là-bas, ces fécondes plaine^

Toutes pleines Des trésors qu'Avril dédiait

A Juillet;

Et ces îles en fleurs, pareilles

Aux corbeilles Qu'arrange, pour un jour charmant,

Un amant;

Et ces blanches troupes de cygnes,

Dont les lignes Manœuvrent en légers vaisseaux

Sur les eaux ;

Et ces monts de roches énormes

Et difformes, Gomme un camp d'éléphants amis,

Endormis;

Et cette grotte, étroite enceinte.

Où la Sainte, Recluse durant cinquante ans,

Tout le temps

Assise immobile, en prière.

Sur la pierre, Creusa la rondeur de son froc

Dans le roc.

Et ces tourelles, où la Reine,

Si sereine, Qui le nom de Blanche porta,

Habita ;

Et la vieille Commanderie,

Dépérie, Des braves et saints chevaliers

Templiers;

Et ce château, séjour sans cesse

De princesse ; Et, près du marbre des palais.

Ces chalets.

Où le jasmin et la petite

Clématite Montent, enlaçant leurs boutons

En festons...

SMl pénétrait dans la demeure

Où chaque heure Offre talent, grâce et plaisir

A choisir.

AU POETE J. LESGUILLON. 253

Où, près d'une mère chérie,

Laure prie.

Et n'a pour égale en douceur

Que sa sœur ;

Où l'esprit s'égaie et pétille

En famille ; Où les arts se sont donné tous

Rendez- vous...

Gomme il chanterait le poète! —

Je souhaite Qu'il accoure en ce doux émoi,

Car, pour moi.

Dont jamais, d'un vers qui s'inspire.

N'ai pu dire Tout ce qu'en mon cœur je sentais...

Je me tais!

AU POETE J. LESGUILLON

Cher poète, avec votre Ermance, Le pur enivrement des vers A chaque soleil recommence.

Toujours égal, toujours divers.

Communauté de poésie Et de cœurs existe entre vous; Et vous buvez, brillants époux, La même coupe d'ambroisie!

25i OEUVRES b'ÉMILE DESGHAMPS.

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