NE CROYEZ PAS LES AUTRES
Madame, ils vous diront: « Vous êtes bien crédule! N'allez-vous pas souffrir, plus que lui, de ses maux? Poëte, son chagrin s'évapore en vains mots.
Se cadence en soupirs, que sa lyre module.
a Vous partez, il languit, il se meurt... un instant; Puis, de son art chéri rappelant la magie, Il voit dans votre absence un sujet d'élégie, Et de son désespoir se console en chantant. »
Voilà ce qu'ils diront.,. C'est leur joie et leur vie De blasphémer les arts, de nier l'amitié I Mais vous, les croirez-vous ces discours de l'envie Qui refuse au talent jusques à la pitié !
Non, la douleur n'est point la muse du poète; Il lui faut des parfums, des sourires, des fleurs ; Quand mon cœur crie, hélas ! ma voix devient muette. Et mon luth, loin de vous, se détend sous mes pleurs.