‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 46 sur 170 · LES RUINES DE THOREN · texte numérisé non relu

LES RUINES DE THOREN

(Poésie anglaise. — lady ***)

Au-dessus des sombres vallées Thoren au soleil luitencor; Le long de ses tours mutilées, Glisse le dernier rayon d'or.

Regardez 1 regardez! 11 écrit sur la pierre : fit Ainsi passent bientôt l'orgueil et le pouvoir; L'éclat de la fortune altière Fuit comme le rayon du soir. »

Au loin tinte et gémit la cloche, Dernier son dans les airs vivant.

Qui roule et des cieux se rapproche, Emporté sur l'aile du vent.

Écoutez l écoutez I — La cloche salutaire Semble dire à chacun : « Soiige au soir éternel, Où tes sanglots, nés de la terre.

Frapperont aux portes di%ciel. »

Mais déjà tout dort, rien ne bouge, Si ce n'est, sur l'humide champ, La dernière vague encor rouge.

Plaintif oreiller du couchant.

Écoutez! écoutez! mourante, elle soupire:

« Aux lueurs de l'espoir ne livre point ta foi; L'illusion terrestre expire Ainsi que ce reflet sur moi. »

Maintenant l'ombre épaisse et noire Tombe en silence sur la mer.

Ressuscitant dans la mémoire ■ Chaque rêve Inquiet et cher.

Regardez! regardez !... maïs plus haut que ce monde, Sur vous, de tous ses yeux veille le firmament : Puissent vers la clarté féconde Vos cœurs s'envoler saintement !

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