‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 47 sur 170 · DÉLIRE · texte numérisé non relu

DÉLIRE

— a Mais son amour est autre part!

C'est un cavalier de Figuière, Tu sais, qui, depuis ton départ, L'a prise et ne s'en cache guère.

Qu'as-tu donc à guetter ses pas?

Rappelle-toi... — Je me rappelle Qu'elle a vingt ans et qu'elle est belle ; Le reste, je n'y songe pas.

Je l'aime, parce que je l'aimè, Je l'aime partout et toujours; Si j'ai fêtéd'autres amours, Pitié I je mentaiç à moi-même.

En vain j'ai couru, combattu...

Car je l'aime tant cette femme !

De mon cœur les autres n'ont eu Que la cendre... elle avait la flamme!

Je l'aime, comme la voilà :

Double nature, humble et divine.

Qu'un soir de Prado révéla, Et qu'il faut toujours qu'on devine.

Je l'aime pour ses peurs d'enfant, Pour sa nonchalance créole, Et pour son esprit triomphant, Coquette et magique auréole!

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