‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 52 sur 170 · LA FIANCÉE DE CORINTHE · texte numérisé non relu

LA FIANCÉE DE CORINTHE

{Poésie allemande.'-' oœthb)

Un jeune homme d'Athène à Corînthe est venu.

C'est la première fois; cependant il espère, Chez un noble habitant, vieux hôte de son père, Entrer comme un ami trop longtemps inconnu.

Les deux pères, rêvant une seule famille, Fiancèrent jadis et leur fils et leur fille.

Mais devra-t-il encor prétendre à la faveur

Qui berçait son esprit d'espérances si hautes?

Il est resté payen comme Athène, et ses hôtes

Des premiers baptisés ont toute la ferveur.

Où germe un nouveau culte, hélas ! Tamour s'effîraie.

Et souvent meurt, détruit comme la folle ivraie.

Déjà, dans la maison, tout reposait sans bruit, Le père et les enfants. La mère seule encore Veillait ; elle reçoit le jeune homme et l'honore De la plus belle chambre, où, rêveur, il la suit. Les gâteaux sont servis avec le vin qui mousse. Puis elle lui souhaite une nuit calme et douce.

Mais les gâteaux dorés, le vin frais et vermeil N'éveillent point ses sens, que sa fatigue enchaîne. Encor tout habillé, sur la couche prochaine lise jette, et bientôt s'abandonne au sommeil... Lorsque les grands panneaux de la porte pesante S'ouvrent et qu'une forme étrange se présente I

Aux lueurs de la lampe, une pâle beauté S'avance ; un bandeau noir, où l'or brille en étoile, Kègne autour de son front; la neige d'un long voile De sa tête à ses pieds tombe de tout côté.

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