A ÉVARISTE BOULAY-PATI
Oui, noble sort de voir l'ami dans le poète!
L'amitié quelquefois est de la gloire aussi; Ton luth, d'un seul accord, nous réalise ainsi Ce que rêve l'orgueil, ce que le cœur souhaite.
Il couvre d'un laurier notre vie inquiète,
Perce d'étoiles d'or notre ciel obscurci ;
Et, nous tenant charmés loin d'un monde endurci.
Dit : « C'est le rossignol et non pas l'alouette! »
Oh! chante encorl — Tes chants consoleraient l'enfer. Transformés à ta voix, ses lourds piliers de fer S'arrondiraient d'eux-même en colonnes attiques.
Je crois presque à mon nom dans tes rhythmes vanté ; Et mon frère, aspirant tes baumes poétiques, A senti de son mal fléchir la dureté !