‹ Œuvres Completes de Emile Deschamps (volume 2)Chapitre 70 sur 170 · A MADEMOISELLE LOUISE BERTIN · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE LOUISE BERTIN

Saint délice, où se prend l'être immatériel, Interprète du cœur, volupté salutaire, Chaste langage, exempt de mélange adultère, Pur nectar, que jamais ne corrompt aucun fiel ;

Musique, le seul art des anges dans le ciel, Une femme, jeune ange envoyée à la terre.

Une seule a surpris votre intime mystère, Et vos sonores fieurs lui donnent tout leur miel.

C'est que, pour sa ferveur mâle et laborieuse.

Votre charme toujours fut chose sérieuse;

C'est qu'elle songe à l'œuvre et non pas aux bravos.

Or, au culte du Beau dès l'enfance vouée,

Mozart en l'écoutant l'a bénie et douée

Pour chanter sans rivale entre quelques rivaux.

A ALPHONSE LEFLAGUAIS

Paris, qu'eût envié la Rome des Césars, Des rayons de la France est le gouffre et le centre; Tout gravite vers lui, rien n'en sort qu'il n'y rentre ; L'or français lui bâtit et temples et bazars.

La vie ailleurs n'a plus que stériles hasards ; Le lion du pouvoir dans Paris a son antre ; Et de Paris encor tout peintre ou divin chantre Date sa gloire et prend son vol au ciel des arts.

Un poète pourtant, cygne de Normandie, Dédaigne un joug pompeux que le reste mendie. Et s'obstine à chanter où Dieu posa son nid;

C'est toi, cher Leflaguais, et ma joie étincelle Lorsque j'entends Paris, la voix universelle, Se faire écho pour toi, que ta ville bénit.

A MADAME MARIE ME NNESSIER-NODI E R

(RéPONSB SUR LKS MftMBS RIMBS)

Nous avons quatre fois lu votre long poëme.

Ainsi qu'un grand plaisir j'en voudrais grand profit. Mais pour écrire comme un ange ou comme fit Le chantre de sbogar et du roi de bohème, Madame, il me faudrait votre plume suprême Qui sous vos doigts de fée à tous les tons suffit.

Plume idéale, au miel délicat et confit,

Que notre esprit savoure et que notre cœur aime.

Or, ce grand enchanteur, Nodier, que nous pleurons. De notre diadème un des plus beaux fleurons.

En retournant, là-haut, vous légua cette plume,

Disant que tous ses pleurs lui faisaient leurs adieux Et qu'il, ne la prêtait, de ce côté des cieux, Qu'à sa fille, dont Tâme à ses rayons s*allume.

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