ACTE DEUXIEMIi
Une salle retirée da palais Pesaro. Meubles riches et élégants; i ture mauresque. Au fond, une fenêtre avec un balcon. A d porte d'entrée; à gauche, une chambre. Bougies allumées presque nuit à l'extérieur. Vue de Venise au fond.
SCÈiNE PREMIÈRE.
Des bravi masqués ont déposé Léonor évanouie sur un sopl ils se retirent à son premier mouvement.
LÉONOR, seule, revenant à elle.
Ah !... ahl quel songe affreux I grâce au ciel, il s'a<
Elle regarde autour d'elle.
Mais... oùsuis-je? mon Dieu!... quel troubleenm(
Elle s'avance sur le devant du théâtre.
Qui m^a conduite ici?... se peut-il? ô douleur!...
Cet éclat I... ces murs... ah! ce n'était point un r
Oui... tout est vrai! Malheur!... Malheur!.
Air.
LÉONOR
Quand celui que j'adore à l'hymen se prépare, Quand peut-être à cette heure, il m'appelle, il m*i Voilà donc sans pitié que le ciel nous sépare, Et qu'il change en affront ce bonheur d'un instai Pour quel crime, ô mon Dieu! m'avez-vous conda Ai-je pu mériter la rigueur de mon sort?
A la honte, au malheur, si je suis destinée.
'î' I i "^ Comme grâce à genoux je demande la mort!
Pauvre orpheline dès l'enfance.
Qui viendra prendre ma défense?
STRADIXLA. 279
Mon bien-aimé, lorsqu'on m'offense, Ne peux-tu rien ici pour moi?
Stradella, quand je t'implore, Mes cris n'arrivent pas vers toi...
Ma plainte en vain redouble encore...
Nul ne répond à mon effroi...
Quand celui que j'adore, etc.
Eli quoi, tout est fermé! Quelle force ennemie De ce palais fait ma prison?
Elle aperçoit la chambre ouverte à gauche.
Ah! quel espoir!
Elle revient.
Mais non! point d'issue... infamie!
Que faire?... la frayeur égare ma raison!
Quand celui que j'adore, etc..
Récilalif.
LÉONOR, entendaDt marcher au dehors.
Du bruit!...
Elle écoute.
Dans ce refuge, ah I cachons-nous d'abord.
Elle rentre dans la chambre et referme la porte sur elle.