‹ Œuvres Completes De Emile DeschampsChapitre 18 sur 167 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Entrb BANQUO, par un côté opposé.

BANQUO, méditant.

Tu possèdes enfin, roi, Cawdor et Glamis,

Tout ce que les trois sœurs, devant moi, t'ont promis.

Et je crains que ton bras n'ait aidé la fortune;

Pourtant (et ce penser sans doute t'importune)

Elles t'ont dit aussi que le suprême rang

Ne serait pas transmis aux princes de tcm sang.

De rejetons royaux elles m'ont fait la tige,

Si, par un infernal ou céleste prodige.

Leurs oracles déjà sont accomplis sur toi.

Pourquoi soupçonnerais-je, après ce que je voi,

Leurs avis sur mon sort ? et comment seraient-elles

Infaillibles pour l'un, et pour l'autre infidèles?

Fanfares et timbales au dehors.

Mais silence 1

Entrent Macbeth, roi, couronne en tête, avec Angus, Henteth et autres seigneurs. — Seyton suit.

MACBETH, & Banqno.

Voilà notre hôte le plus cher !

Le convive, l'ami que nous irions chercher Au bout du monde, afin d'honorer notre fête.

58 œUVRES D'EMILE DESGHAMPS.

Notre joie eût été sans vous trop imparfaite ! Nous donnons, ce soir même, un solennel repas, Nous vous y convions, ne nous refusez pas!

BANQUO

Je ne puis qu'obéir, et de ma gratitude Vous...

MACBETH

Bien.— N'allez-vous pas, ainsi que d'habitude, Monter à clieval ?

BANQUO

Oui, seigneur.

MACBETH

Irez-vous loin?

BANQUO

Jusqu'au lac seulement, Altesse. — J'ai besoin D'une heure au plus. On doit m'avertir. Il me tarde...

MACBETH

Mais ne nous manquez pas surtout.

BANQUO

Je n'aurai garde.

Fleance parait avec deax écuyers et s^approche peu à peu de son père quMl venait cbercher.

MACBETH, retenant Banqao.

Nos cousins sont allés cacher leur front maudit, L'un en Irlande, et l'autre en Angleterre. — On dit Que niant leur forfait, aux campagnes crédules Ils s'en vont débitant des fables ridicules.

Nous en reparlerons. — Fleance*, je vois, vous suit?

BANQUO

Toujours I

MACBETH

Au revoir donc, tous deux avant la nuit.

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