PROLOGUE. — LA CÈNE
Prélude d'orchestre.
l'évangile. Parlé.
Eq ce temps-là, Jésus avec ses douze apôtres, Vint dans Jérusalem, et, loin de tous les autres, Fêta la Pâque sainte, une dernière fois. Or, il leur dit très-calme et d'une austère voix : « C'est mon corps, c'est mon sang, que ma main vous partage, « Pour qu'ils soient des pécheurs l'éternel héritage ; « Voilà le fils de l'homme ici glorifié...
« Demain le fils de Dieu sera crucifié !... » Alors, les douze élus de la cène mystique Unirent tendrement, dans un pieux cantique, Des transports inconnus d'angélique ferveur Au deuil où les plongeait cet adieu du Sauveur.
226 ŒUVRES D'EMILE DESGHAMPS.
Musique.
î CANTIQUE DES DOUZE APOTRES
\ ENSEMBLE
Jour de gloire, jour d'extase!
Sois béni, maître divin l De toi seul, céleste vase, Coule à flots l'amour sans fin...
Mais d'où vient que la tristesse Nous révèle ses langueurs, Et comme une sombre hôtesse, Prend sa place dans nos cœurs ?
Pain du ciel, sainte Rosée, Des apôtres, à genoux, Rafraîchis l'âme embrasée, Et que Dieu descende en nous l Mais le Juste qui délivre.
Quels mandats il a reçus !
Nous faut-il, hélas î revivre Du sang même de Jésus ?
L'ÉVANGILB. Parlé.
Après quoi, méditant sa divine agonie, Jésus, par le Cédron, vint à Gethsémanie, î Accompagné des siens, et par d'étroits sentiers,
! Il arriva j le soir, au mont des Oliviers.