‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 112 sur 168 · FÊTE DE BIENFAISANCE A VERSAILLES · texte numérisé non relu

FÊTE DE BIENFAISANCE A VERSAILLES

Versaille est en émoi ! — Des foules inconnues.

Des cortèges i^ans nom peuplent ses avenues l —

Comédie en traîneau, mascarade à cheval ;

Musique de l'Enfer et du Ciel, vaste ensemble.

Des étatâ et métiers, dont nul ne se ressemble.

Si ce n'est par l'entrain et le luxe rival; |

Demi-dieux et bouffons, qu'un même char rassemble.,. 1

Voilà bien le fantasque et pompeux carnaval ! 1

Oui; mais dans les ébats, que la ville inaugure. Sous le masque étourdi de la folle gaîté.

Voyez-vous percer la figure

De la divine Charité?...

C'est que dans toute phose, ici, nul cœur n'élude La loi qui veut qu'au pauvre on allège son faix ; C'est qu'à travers le rire, étourdissant prélude. Se dégage une voix, qui prêche les bienfaits :

SONNETS. in

«[ Frères de tous les rangs, aux quêtes flraterDelles, Si vous avez beaucoup, apportez beaucoup d*or;

Avez- vous peu? Donnez encor :

Dans les balances éternelles La moindre aumône pèse autant qu^un grand trésor. »

Ehl qui donc tromperait cette sainte espérance, Quand nos soldats, hardis et doux triomphateurs. Eux, qui portent si haut le drapeau de la France, Viennent tendre aujourd'hui la main, pour lasoufTrance? On ne résiste point à de pareils quêteurs!

Allons I Riez, criez, chantez, courez ensemble, Comédie en traîneau, mascarade à cheval ; Demi-dieux et bouffons, qu'un même char rassemble!... Place! place au fantasque et pompeux* carnaval! — Vive ce carnaval, que la belle Venise Dans ses jours glorieux aurait dû se choisir.

Et qui dans la rue intronise

La charité par le plaisir !

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