‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 122 sur 168 · LA PETITE FILLE · texte numérisé non relu

LA PETITE FILLE

CHAlf BONNETTE

Le triste métier, croyez-m'en, Que celui de petite fille !

Toujours mon livre ou mon aiguille 1 Et les beaux Messieurs pour maman I Mon Dieu l que je suis ennuyée 1 Dix ans!... on y reste mille ans!

Quand donc serai-je mariée.

Pour avoir des galants !

Plus d'un aimable du grand ton Avec maman cause à merveille.

Si parfois je prête l'oreille :

« A votre piano t » me dit-on.

Ah! que je suis contrariée Qu'on ait inventé les talents !

200 OECVRKS D^ÉMILK DKSGHAMPS.

Quand donc serai -je mariée, Pour avoir des galants I

Nos amis trouvent, tous les jours.

Pour plaire à maman vingt ressources :

C'est Giroux, le Boîs ou les Courses ; Les Courses?... et moi, j'ai les cours!

Moi, ma vie est sacrifiée  gagner des prix désolants !

Quand donc serai -je mariée, Pour avoir des galants !

Le soir, maman prend ses bijoux; Les bouquets lui pleuvent par touffes :

C'est un grand bal ou bien les Bouffes :

ce Adieu, ma fille, couchez- vous ! »

On me 'couche tout éveillée, Ne songeant qu'aux fleurs, aux gants blancs!. Quand donc serai-je mariée.

Pour avoir des galants 1

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