A ADOLPHE DE SAINT-VALRY
Poète, mon poète, Inspiré par votre âme...
Vous n'êtes point de ceux qui, chaque jour nouveau.
Trempent leurs doigts dans l'encre et fouillent leur cerveau
Afin d'y déterrer roman, poème ou drame ;
Et qui vont à la messe, aux trois quarts endormis,
Ainsi qu'à leur bureau de nonchalants commis.
2U CEUVRES D'EMILE DESGHAMPS.
Ils font exactement suinter de leur plume Dix pages par soleil, et par mois un volume; Et tout cela vient pâle et languissant au jour. Gomme de froids enfants engendrés sans amour.
Poète, mon poète, ah! vous êtes tout autre; ^ Ce labeur énervant n'est nullement le vôtre.
Vous attendez votre heure au seuil du paradis, Et c'est ce qu'en vous j'aime et ce que j'applaudis. Vous savez demeurer tout un an sans écrire, A voir poindre vos fruits et vos rosiers sourire... Puis, un souvenir frappe à votre cœur ; alors A flots brûlants ou frais s'échappent au dehors
Tous ces germes vivants, ces réelles magies.
Prenant, sous votre luth, des formes d'élégies. Et l'art s'unit au vrai dans un hymne touchant Et nous fait d'une larme un adorable chant 1
Et maintenant, le flux vous porte, allez I Rosine Aura bien, n'est-ce pas? quelque blonde cousine; Ozanne plus d'un frère, et de ses belles eaux Enghien fécondera d'harmonieux ruisseaux.
Le delphique laurier pour votre front s'apprête. Et de tous vos amis que la divine fête.
Ce triomphe prochain, tient en un doux émoi.
Tout mourant que je suis, le plus heureux c'est moi.
A MADAME ANAÏS SÉGALAS
Muse que le lyrique Éden nomme son Eve, Je vous le dis encor, dussé-je être importun