LES ADIEUX DU PÈLERIN
Le ciel grondait, il faisait noir Sur le chemin et dans mon âme, Au pèlerin votre manoir S'est vite ouvert, gentille dame l Et j'y passai tout près de vous.
Et vous chantiez sur la mandore!...
La voix, les yeux étaient si doux.
Que j'en devins plus sombre encore I
Las du voyage, on m'a conduit Dans la cellule hospitalière ; Croyez pourtant que de la nuit Je n'ai pu clore la paupière !
Non que mon cœur fût en éveil Ou par la grêle ou par la bise...
Ce qui m'ôtait paix et sommeil.
Est-il besoin que je le dise?
Je serai loin, bien loin, demain !
Quittant le beau pays de France...
En regardant le long chemin Je vois partout longue souffrance.
44 ŒUVRES D»ÉMILE DESGHAMPS.
Le vent se tait, le ciel est clair.
Adieu vous dis, gentille dame; L*orage, hélas ! n'est plus dans l'air, Mais je l'emporte dans mon âme I