RETOUR AU TOIT NATAL
Après tant de pleurs et d'années.
Je vous reviens, chère maison !
Demeures jadis fortunées, Berceau de ma jeune saison !...
Tout au fond, voici bien la chambre Où, dans Tombre, ma grande sœur JVfendormait, quand neigeait décembre, Par ses chants si pleins de douceur I...
Je crois, en ouvrant cette chambre, Entendre la voix de ma sœur !
Conduit par l'ancienne habitude.
Avec mes regrets éternels, J'arrive à la salle d'étude, Foyer des travaux paternels.
42 OEUVRES D*£MILE DËSCHAMPS.
Murs chéris! c'est là que mon père Pleura tant et fut si joyeux !
Quand je vins, en habits de guerre, De ma croix lui charmer les yeux î
Ces murs font revivre mon père, Mon père pleurant et joyeux !
Entrons au jardin solitaire Qui vit mon enfance bondir; Et, comme les ifs du parterre.
Plus tard ma jeunesse grandir.
C'est bien là, sous les clématites.
Qu'en partant, Inès que j'aimais.
Me donna ces trois fleurs petites.
Et me dit : « Ne les perds jamais! »
Je rêvel... et sous les clématites, Je vois cette Inès que j'aimais!
LE VIEDX PATRE
Sauvons-nous, mes jeunes compagnes !
Le vieux pâtre des sept montagnes, Du grand bois le voilà qui sort !
Cachons bien nos fleurs, nos dentelles, Pour la fête des Tarentelles, Il pourrait nous jeter un sort!
Son œil vert, de fermes en fermes. Des moissons va brûler les germes, Fait tourner le lait des brebis.
On l'a vu changer, par des sii^mes.
En oisons les beaux petits cygnes.
En charbons les plus beaux rubis î
Mais voyez où va sa malice!
Fidélin adorait Alice,
TKOIS MÉLODIES. 43
De leur noce on fixait le jour.
Le sorcier grogna, de mémoire, Quelques phrases de son grimoire...
Fidélln a changé d'amour I
Sauvons-nous, mes jeunes compagnes I Le vieux pâtre des sept montagnes.
Du grand bois le voilà qui sort I Cachons bien nos fleurs, nos dentelles.
Pour la fête des Tarentelles, 11 pourrait nous jeter un sort!
ni