A AI. LB COMTE UONNIBR DB LÀ SIZERAMNB, ALOAS DÉPUTÉ DE LA DROME
Versailles, 184..
Des hauteurs d'un de vos châteaux.
D'où vous apercevez, comme un roi sur son trône. Vos vendangeurs fouler la grappe noire ou jaune Du brûlant Ermitage, autre roi des coteaux. Et, plus bas, tournoyer la vapeur des bateaux, Comme un grand aigle noir sur les flots clairs du Rhône,
Aux charmes de ce beau séjour.
Ami poëte, avec ces accents que la muse
50 OEUVRES D'EMILE DESGHAMPS.
Vous prodigue encor mieux qu'elle me les refuse,
Vous nous coDviâtes, un jour.
Qui pourrait dire : Non, quand le plaisir invite? Quand vous dites : Venez I qui ne romprait ses fers? A votre doux appel je répondis bien vite; Le moins facile était de répondre à vos vers. —
Je m'y prends après coup. — Que veut-on ? Le poète
Au plus fort du bonheur ne le chante jamais.
Le regret rend la voix à sa lyre muette,
Hélas I on dit mal : J'aime ; on dit si bien : J'aimais I
Oui, lorsqu'on est heureux, par hasard, dans la vie.
L'âme à peine suffît à jouir en secret,
Mais, de traduire, en vers, sa joie, on n'en aurait
Ni la puissance ni l'envie.
Cela vient plus tard — et d'ailleurs C'est qu'un tableau lointain de plaisir ou de gloire
Se peint de plus vives couleurs
Dans le prisme de la mémoire, Et, comme l'arc-en-ciel, brille mieux sous les pleurs. Des échos, des reflets l'ineffable magie
Donne aux contours, donne aux accents
Plus de finesse ou d'énergie...
Il en est pour notre âme ainsi que pour nos sens. Des rives de l'exil la patrie est plus belle. Penché vers l'horizon le banni se rappelle
Jusques au moindre enchantement
De sa montagne ou de sa plaine.
Et l'alliage amer dont toute chose est pleine
Disparaît dans l'éloignement.
L'absence est une optique où tout luit et s'épure; Le souvenir choisit, ingénieux miroir; Chacun alors, suivant la loi de sa nature.
Fixe en rhythmes nombreux, en accords, en peinture, Les fantômes aimés qu'il croit ainsi revoir.
Moi, qui viens de chez vous, mon souvenir fidèle
Choisit tout, et c'est aujourd'hui.
Quand ma fête du cœur comme un vain songe a fui,
Que mes vers vont s'occuper d'elle. —
Tel, de ténèbres entouré,
Le peintre, dans la chambre obscure.
Voit chaque objet absent s'avancer, éclairé ; Il touche, il reconnaît le char et la figure Qui passe sur la route, et les calque à son gré; Tel, du sein de mon deuil, mes longs regards embrassent Ces beaux jours du voyage, et tous ils se retracent
Sur mon luth qui chante, éploré; Car les maux qui de Thomme ont envahi Tasile, La peur, les noirs ennuis et le chagrin rongeur, Ne suivent pas le vol de l'heureux voyageur... —
Il les retrouve au domicile!
Assez de lamentations I
Dois-je à vos vers brillants répondre
Par un dithyrambe hypocondre?
D'ailleurs, ce poids d'aflQictions, Mon Aglaé chérie avec moi le partage, - Nous sommes deux pour l'alléger;
Ah! je ploîrais bien davantage Sous un bonheur dont, seul, il faudrait me charger!
Or, de tout le bonheur que votre toit rassemble, Elle et moi, nous voilà qui devisons ensemble. Les pieds au feu, les mains dans les poils de Grisou; Vous savez, mon beau chat si bon, qui ne ressemble
A nul autre chat, ce me semble.
Qui, sans jamais froisser mantille ou canezou. Pendu, comme un enfant, au cou de sa maltresse, Du velours de sa patte, en ronflant, la caresse. Fait le mort, ressuscite... et court, je ne sais où. Flairer un jeune oiseau, tout nu sur quelque branche. Le mange comme un tigre, et revient au salon Finir innocemment sa crème rose ou blanche.
S'assied, entend des vers, bâille si c'est trop long, Se réveille au dernier, puis agace et 'secoue Le grave manuscrit, et, sans peur du dieu, joue
Avec les feuillets d'Apollon ! —
Et qui, lorsque poëme et drame
Sont répandus sur le parquet, Saute sur notre table, onduleux et coquet,
52 OEUVRES D'EMILE DESCUÂMPS.
S'en va dire, à Tentour, bon soir à chaque dame. Et se couche sur un bouquet.
Il suivit notre bonne et mauvaise fortune
Sans se glorifier ni se plaindre d'aucune. Voilà douze ans, ce pauvre chat I Douze ans! — Ah I du terme funeste Serait-il vrai qu'il approchât!
Du peu de famille qui reste A nos cœurs, faut-il voir encor S'éclaircir l'indigent trésor?
Cher ami, tu n'es plus ni si gros, ni si leste ;
Et ton oreille est chaude, et tu perds tout, je voi, La fourrure et le badinage !
C'est notre faute aussi 1 — • Pourquoi Te quitter trois mois... à ton âge!
On t'a bien nourri, bien logé... — Mais la peine! — pardon! — peut-être, Plus d'un autre ami de ton maître Sera bien autrement changé I Toi, tes sentiments sont les mêmes, Et comme tu m'aimais, tu m'aimes.
Tandis... allons! qu'est-ce que j'ai?
Où donc en étais-je? — Ah ! je disais que ma femme
Et moi, nous ne songions qu'à la vôtre et qu'à vous;
A son cœur prompt, ardent et pur, comme une flamme ;
A votre amour si vrai, si puissant et si doux;
A ses yeux, beaux reflets du ciel et de son âme ,
A votre front penseur et poète entre tous.
Sur qui tombe, au midi de vos belles journées,
La neige des travaux et non pas des années.
£t puis, nous évoquons, tant que nous sommes seuls.
Arbre par arbre, heure par heure.
Tout votre beau semblant, dix jours notre demeure. Nous arrivons encor, sous ces larges tilleuls. Si frais ombrage, après la montagne brûlée, JÉit votre Alix accourt, du bout de l'autre allée, Avec ses deux amours, qu'aurait pris pour filleuls La fée aux cheveux d'or, sans retour envolée...
Vous, ami, vous n'accourez pas, Car, jusqu'au bord du fleuve — est-il un pareil hôte ? — "Vous aviez descendu pour escorter nos pas
Aux sentiers pierreux de la côte !
A peine se dit-on : C'est donc vous! que d'abord Un fouet claque à la grille, et voilà, doux prodige ! Nos chers amis d'Auvergne, oui ce sont eux, vous dis-je, Embarqués au couchant, ainsi que nous au nord, Et par le même flot arrivant dans le porti Et tous alors de rire et de pleurer, — la joie A toujours quelque larme où son éclair se noie.
De nos premiers instants jusqu'aux derniers, hélas 1
Ce n'est qu'une chaîne de fêtes, Dont chaque anneau doré roule encor dans nos têtes.
Nous recommençons ces galas Où votre blonde Hébé nous versait l'ambroisie, Et ces courses, bien loin, dont on n'est jamais las, Dans votre Dauphiné, la province choisie ; Et nos soirs, mélangés de chants, de poésie, De contes à fantôme et de rire aux éclats.
Nous revoyons la jeune épouse, en vingt manières, Balancer ses deux beaux enfants, comme un lilas Qui berce à tous les vents ses grappes printanières ; Et le petit Fernand gronder avec douceur Ou gravement flatter sa plus petite sœur.
De là notre mémoire, en son cercle agrandie.
Nous ramène, joyeux, à votre nuit de bal, Grand raoïU illustré de cette comédie Si bien faite par vous, où j'ai joué si mal.
L'heure fuyait, fuyait... et lorsque les bougies Nous dirent : Cest le jour! par leurs flammes rougies. Les adieux des amis, comme autrefois l'amour, Eurent leurs Roméos, qui détestaient le jour.
Ah! du moins, secouant un préjugé gothique, N'allez pas mettre de côté Votre diplôme poétique Pour le mandat de député.
Sous les dieux, l'univers antique
Dans Orphée, immortel chanteur.
Vit son premier législateur ; Et Numa recueillit son code politique Des lèvres d'une nymphe, au souffle inspirateur. Tandis que, s'épanchant en sublime cantique, Sur le mont où plus tard devait pousser la croix, Le poète David fut le plus grand des rois.
Cette noble alliance, en tout temps, fut commune.
Et, vainqueur dans son double essor, Devant nous, Lamartine a conquis la tribune.
Tenant en main sa lyre d'or.
N'abdiquez point de l'art l'immortelle couronne, V Amitié vous en prie et Corinrie l'ordonne *.
Nous n'avons garde d'oublier
Notre halte à Chant-alouette,
Où le génie hospitalier
Sut pour nous si bien allier Tout ce que l'esprit rêve et que le cœur souhaite. Nous gravissons, aidés par les buissons voisins, Ce coteau merveilleux dont rien ne peut distraire, Pain de sucre géant, tout flanqué de raisins. Votre frère si bon — ohl c'est bien votre frère! — Nous reçoit, comme un prince, oui, dites le contraire ! Bientôt, votre neveu charmant, quelques cousins.
Je crois, tant ils étaient aimables.
En mille soins inexprimables Vont se multipliant, et sans transition.
Sans nous laisser jeter les yeux à gauche, à droite. Nous font entrer soudain, par une porte étroite. Dans un kiosque imprévu, riant échantillon, Devant qui Marly même eût baissé pavillon.
Là, dans les fleurs, banquet de royale apparence, Poissons monstrueux, gibier fin.
Primeurs d'Amérique, et pour vin
La vendange du cru, le meilleur vin de France!
1. L'Amitié des deux âges , Corinne, deux ouvrages dramatiques de M. de la Sizeranne.
Puis, après le moka divin.
Un bastion glacé de vanille aux framboises, Et des bassins de punch, au feu d'azur; — enfin /Chevet et Tortoni complets, à cinq cents toises Au-dessus du niveau de la mert
Si la faim Eût, dans ce moment-là, d'un mendiant qui râle, Parmi nos fronts vermeils jeté la face pâle, Tel qu'aux banquets romains le masque froid des morts, Convives saturés, comment de nos remords Aurions-nous étouffé la voix à son approche.
Et du spectre affamé soutenu le reproche?
Mais le jour tombe — on s'est levé ;
Tout le monde est sur la terrasse.
D'un spectacle enivi*ant mon œil est abreuvé. Et l'admiration est prête à crier grâce.
Car le soleil, mourant sous l'or de ses réseaux, Des monts de la Savoie enflamme au loin la neige. Et le Rhône, à nos pieds, emporte dans ses eaux La lune, au vol d'argent, avec tout son cortège. Et cependant, un chœur d'invisibles oiseaux Prélude, saluant l'ombre qui les protège; Et nous tous, oublieux de l'heure qui s'etifuit,
Nous jetions nos chants à la nuit, Que la lyre, autre amour, comme l'amour, abrège. C'est alors que, levant son front prédestiné. Un pâle adolescent, Mozart, Tasse ou Corrège, Hasarde quelques vers, non sans dire : Oserai-je ? Et subjugue, en tremblant, l'auditoire étonné. — Noble enfant, déjà maître, à l'âge du collège. Dans l'art où Chapelain fut toujours écolier ; Langue sans rudiment^ musique sans solfège.
Et peinture sans atelier !
Malgré tout, il nous faut descendre De ces doubles hauteurs qui rapprochent du ciel.
L'instant est venu de reprendre Le chemin de la plaine et du matérieL
Mais, dans votre ville natale.
Les beaux rêves nous ont suivis.
Et, dès que Taube orientale Ouvre les célestes parvis, Tout en haut de la maison neuve Par vous assise au bord du fleuve.
Avec son toit napolitain, Me voilà cherchant à vingt lieues Le cirque de montagnes bleues Qui borne Thorizon lointain.
Ces géants dégageaient de leur humide voile Forêts, lacs et glaciers, dont sont vêtus leurs corps. Ainsi qu'à l'Opéra, quand se lève la toile.
Se déroule aux regards la splendeur des décors.
Tous les matins, par chaque pore.
Les Alpes boivent le soleil, Et, dans le ciel bleu, s'évapore Leur manteau brumeux du sommeil.
Les croupes des montagnes fument Gomme des autels qui s'allument.
Ou comme des coursiers soufflants.
Quand, tombés au bout du voyage, La sueur, en épais nuage, S'élève ardente de leurs flancs.
Adieu, magique Éden, l'heure de partir sonne. Nos souvenirs, du moins, ne quitteront personne. — Le Rhône est traversé. Tout change ; — désormais Plus de ces grappes d'or que septembre moissonne. Plus de fleurs, de soleil ! — Rien que d'âpres sommets. Et des champs sans culture, où siflle un vent de glace, Des ravins desséchés, et seulement, par place, Quelques vieux châtaigniers, squelettes caverneux, Tordant sur les chemins leurs bras chargés de nœuds; Dauphinél Vivaraisl — Dieu d'en haut fit un signe, Et le Rhône, en tombant, refoula d'un côté La joie et l'abondance, attributs de la vigne, Et de l'autre le deuil et l'infécondité.
Dans notre vie ainsi l'âge trace une ligne Qu'on ne peut prévenir, qu'on n'ose pas prévoir. En deçà tout est rose, au delà tout est noir.
Pourtant, par cette triste route,
Notre voyage fut charmant.
Car vous reconduisiez avec nous, lentement, Ces amis que l'Auvergne, à grand'peine sans doute,
Nous avait cédés un moment.
Et, dans une double calèche
Nos trois ménages voitures.
Entre eux s'embellissait l'Ardèche,
De qui la tristesse revêche S'égayait sous le feu de vos propos dorés.
Toute vue est brillante et fraîche.
Prise à travers l'éclat des vitraux colorés.
Avec si bonne compagnie,
A quoi donc n'aurai-je pas goût?
On transporterait Naple et Gêne en Laponie ; Les choses ne sont rien, les personnes sont tout.
Puis, nous avions en perspective
Chassaigne, la terre adoptive
Et de mon cœur et de mes chants ;
Chassaigne, élégant et sauvage,
Port hospitalier, doux rivage,
Écueil des sots et des méchants,
Qui déjà pour nous, je parie.
Déployait la robe fleurie
De ses jardins et de ses champs.
En attendant, c'est que nous sommes A Saint-Bonnet-le-Froid, mourant de faim ; — voilà Un reste de vieux lard, du lait aigre et des pommes. — Certes, avec ces pommes-là Eve n'eût point perdu les hommes !
Nous n'en souperons pas moins gaîment pour cela. D'un verre d'eau Xercès un jour se régala. — Mais c'est l'heure où devant son coffre aux fortes sommes L'avare aime à compter ses louis et les toucher, L'heure où, de seuil en seuil, Tessaim des légers sommes
Rend aux vierges Tarai qu'elles n'osent chercher; — C'est, plus communément... l'heure de se coucher. — Un long suif à la main, aux pieds une semelle Qui compte chaque marche en grimpant l'escalier, La nymphe de l'auberge — ô digne chevalier, Ta Malitorne ici trouverait sa jumelle — Cette Quasimodo femelle Enfin nous conduit aux dortoirs, Bouge informe et crasseux comrtie elle, Où des lits, dans les murs, espèces de tiroirs, Offraient un galant pôle-môle De bouviers et de charretiers.
Fumant, buvant, mangeant, couchant à la gamelle.
Et jurant comme des portiers Quand nous rehtrons du bal à des heures cruelles. Pour les arracher nus et froids de leurs ruelles I
C'était un guignon s'il en fut
Pour nos dames qu'un rien agite,
Et nous nous mettons à l'affût.
Pour découvrir quelque autre gîte.
On le conçoit. — Vous souvient-il.
Ami, comme alors notre hôtesse,
Avec sa rude politesse.
Nous introduisit de profil
Par je ne sais quelle échancrure,
Porte sans gonds et sans serrure.
Dans une salle, autre taudis
Tapissé de lits à punaises.
Fort bons pour dormir — sur des chaises,
Mais qui nous fut un paradis.
Puisque nous l'avions sans partage.
Seul à nous sept, pas davantage,
Et loin du sabbat des maudits?
Je, me rappelle avec délices
Nos prudents apprêts du sommeil,
Cet ingénieux appareil
De grands châles et de pelisses.
Et ces moitiés d'anciens rideaux
Pour s'isoler les uns des autres,
SOUVENIRS DIT DArPHINK. M)
Kt quels rires étaient les nôtres
Dans ce sévère dos à dos!
Les nuits blanches, toujours si noires,
Allaient se réhabiliter.
Puis, viennent les bonnes histoires...
Mais j'entends des voix se vanter,
De vieux parents qui reverdissent.
Ou de beaux enfants qui grandissent.
Et se dire : Si maintenant
J'embrassais ma petite fille!
Comme elle doit être gentille
Pour un mois de plus! — et Fernand,
Et Charle et Gustave ! — aux étrennes,
Comme ils vont aimer leurs marraines,
Si leurs maîtres sont contents d'eux 1
Ou bien : C'est le jour de naissance
De mon bon père — et cette absence —
Sommes-nous étourdis tous deux!
Ou bien : Je gage que ma mère
Se forge encor mainte chimère
Sur mon voyage hasardeux ;
Que, la nuit, son pauvre cœur souflTro,
Rêvant de bras cassés, de gouffre,
De loups et de brigands hideux ;
Aussi, ces larmes de tendresses,
Quel plaisir de les essuyer !
Et comme je vais lui payer
Mes arrérages de caresses !
Ainsi, parlant entre eux, nos fortunés amis
Réveillaient les chagrins dans mon âme endormis.
Moi, qui n'ai pas de fils et qui n'ai plus de père
Ni de mère à fêter, à soigner... j'enviais
Leurs bienheureux tourments, leurs bonheurs inquiets;
Je disais : « Aglaé, si, comme je l'espère,
Tu restes seule, un jour, frêle esquif naufragé
Parmi ces flots d'humains qui recouvrent le globe,
Où de toi ni de moi rien n'aura surnagé,
Pour jeter quelques fleurs sur le deuil de sa robe.
Tu chercheras mes vers, autrefois publiés.
60 OE IIVRF.S D'EMILE DKSCnAMPS.
Pauvres enfants perclus et de tous oubliés ;
Puis, tu rassembleras, le soir, dans notpe chambre,
Nos amis plus aimés, ceux-là qui sont ici.
Et vous direz, autour d'un foyer de décembre :
Pourquoi ne vient-il pas se réchauffer aussi? »
Eh bieni voilà les pleurs qui m'arrivent encore! Quand notre voix connaît les gammes du chagrin. Si parfois elle essaie un chant vif et sonore, Tout à coup reparaît le douloureux refrain.
Il faut se taire alors, — mon luth, on lui pardonne. Au milieu du voyage, Henri vous abandonne.
Comme un guerrier blessé, que la souffrance abat. Retourne dans sa tente, à moitié du combat.
Et gémit jusqu'à l'heure où ses compagnons d'armes D'un laurier fraternel viendront toucher ses larmes. \enez donc, dans la nuit de mes sombres accès. Ami, faire briller l'éclat de vos succès; A les adorer tous mon âme est la première; Sur les pas de votre ange, à la douce lumière Des yeux de votre Alix, venez, sans plus tarder, Que dans votre bonheur je puisse regarder!
Comme un nocher, dont l'air a déchiré les voiles. Contemple dans les cieux la beauté des étoiles, Et sent jusqu'à son cœur, plus que l'onde agité, Pénétrer un rayon de leur sérénitél