‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 33 sur 168 · LA FIGURE VOILEE · texte numérisé non relu

LA FIGURE VOILEE

{Poésie cUlemande. — schillbr)

Un jeune homme, altéré des eaux de la sagesse, Que cette ardente soif, de son lointain pays. Poussa jusqu'à leur source antique, dans Sais, Pour consulter l'autel de la grande Déesse, Et s'instruire aux leçons des prêtres et devins Sur la science humaine et les secrets divins. Avait monté de grade en grade, et dans son être Croissait incessamment le désir de connaître. L'hiérophante à peine et ses soins vigilants Pouvaient de cette ardeur tempérer les élans.

— « De quoi m'as-tu fait don, et que vins-tu m'appreadre. Si tu ne m'as pas tout donné, tout fait comprendre? Existe-t-il — toi-même et les dieux sont témoins — Dans la vérité sainte ou du plus ou du moins? N'est-elle point entière, unique, inséparable?

Ote un son d'un accord, du prisme une couleur. Ce qui reste n'est plus qu'un chaos misérable, L'accord est sans beauté, le prisme sans valeur. »

Parlant ainsi, tous deux entrèrent dans un temple. Bien loin... — Une statue avec un voile blanc A frappé les regards du jeune homme brûlant.

Comme Œdipe le Sphinx muet, il la contemple; Puis, tourné vers son guide, il lui dit : « Saint vieillard, Quelle figure est donc sous ce voile cachée?

— La Vérité. — Comment? moi qui l'ai tant cherchée. Qui n'ai ^oint d'autre amour! Elle est là; le hasard M'a conduit devant elle... Un voile me la cache!...

— « A la grande Déesse alors, tu t'en prendras, Répond Thiérophante : Hommes, que nul n'arrache Ce voile, a-t-elle dit, avant que de mon bras

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