‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 5 sur 168 · A MADAME ÉLISA DE VILLERS · texte numérisé non relu

A MADAME ÉLISA DE VILLERS

Le Rimeur est semblable aux oiseaux, et, comme eux, Chante, chante sans qu'on Técoute;

Le Rimeur est semblable au torrent écumeux ;

Il marche devant lui sans regarder la route.

Il est sûr de trouver un lit.

Car tout est bon pour qu'il y dorme :

Les ronces dont le champ s'emplit.

Le froid marais, le roc informe I

Mais Toiseau — Dieu le veut — ne chante que l'été; Le Rimeur doit chanter encore.

Et toujours, lorsqu'il a chanté I Mais le torrent, captif quand la moisson se dore. Ne marche que l'hiver... Le Rimeur sans souliers Marche, marche toujours... 11 s'usera les pieds!

Mais l'oiseau dans son nid sommeille ; Et le Rimeur, il dort... ou veille.

Couché dans le lit du hasard.

Sitôt qu'il entre quelque part, 11 faut que quelqu'un se dérange, Pour faire place à Thôte étrange, Oui n'a sa place en aucun lieU Et ne converse qu'avec Dieu.

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