EN VISITANT UN COUVENT DE BÉNÉDICTINS
PRàS DE PARIS
Dieu, Trinité, cause des causes I Clairs symboles à qui sait voir ; Nulle obscurité dans les choses.
C'est en nous-mêmes qu'il fait noir. Dans l'Éden aux regards de l'âme.
Les mystères, en traits de flammes.
Faisaient luire leur sens caché ; Mais, depuis sa chute première.
L'homme a jeté sur la lumière Les ténèbres de son péché.
Lecteurs au livre des étoiles, Studieux enfants de Benoît, Pour vous, point d'ombres ni de voiles, Votre cœur comprend, car il croit.
L'Esprit-Saint, mystique colombe.
Descend où rien (l*humaiQ ne tombe; Parmi vous ii s^est abattu ; Et, le front touché de son aile, Jusqu'à la science éternelle Vous remontez par la vertu.
Près de la cité des orages Votre phare se dresse et luit, Surveillant d'en haut les naufrages, Montrant la route dans la nuit...
A vos clartés universelles, Pour puiser quelques étincelles.
Un enfant du siècle est^venul...
Demain, dans ses brumeux repaires.
Il va rentrer... priez, mes pères.
Pour le visiteur inconnu 1
Il emporte dans sa mémoire LMmage de ce parc mondain, Que la culture expiatoire Change en séraphique Jardin ; Et rappel chrétien de la cloche.
Voix d'espérance ou de reproche.
Qui vint lui parler sur son banc; Et plus tard, ces vêpres austères, D'où vos pâles fronts solitaires Tendent au ciel en se courbant.
Qui sait si, dans ce lieu suprême, Le désespoir ou le remord Ne l'amènera pas lui-même S'ensevelir avant sa mortl...
Peut-être avant que vos grands chênes Soient blanchis des neiges prochaines, Criera-t-il au seuil redouté :
« C'est un affligé I c'est un frère I Ouvrez l'auberge funéraire Du chemin de l'éternité ! »
Mais le jour commence à décroître;